Succomber à la tentation

Désir de s'informer, de voyager, de s'évader. Désir de se perdre et de se retrouver dans les pages d'un livre devenu objet de désir, voilà ce que proposent cette année les organisateurs du 42e Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui se poursuit jusqu'à demain, à Saguenay, sous le thème «Tes désirs sont des livres».

Pour le directeur général de l'événement, Richard Lafleur, il ne fait nul doute que les livres ont un énorme potentiel que le salon a la responsabilité de mettre de l'avant. «Avec la lecture — et le livre québécois —, on peut à peu près combler tous nos désirs», affirme celui qui tient les rênes de cette nouvelle formule allégée, passée l'an dernier de cinq à quatre jours.

Avec le recul, la coupure aura été salutaire, permettant aux organisateurs de resserrer leur programmation, mais aussi de bonifier leur offre jeunesse. Désormais, ce sont d'ailleurs les jeunes qui ouvrent le salon. Jeudi, on attendait de pied ferme ces quelque 4000 élèves qui, encore l'an dernier, avaient brillé par leur absence en raison du boycott des enseignants. Cette année, même les tout-petits des CPE sont de la fête dans le «Toup'tit salon» qui leur est réservé.

Ce qui ne veut pas dire que les grands soient en reste, assure Richard Lafleur, qui travaille à faire en sorte que l'équilibre soit maintenu, année après année, entre ces deux pôles. «On ne pourrait pas présenter un salon strictement jeunesse ou adulte parce que notre mission est de promouvoir la lecture et le livre auprès de toute la population régionale», rappelle-t-il.

Comme à l'habitude, on retrouvera donc beaucoup d'écrivains de la région, autant ceux qui y vivent encore que ceux qui y sont nés. «Un salon dans une région comme la nôtre ne pourrait pas voir le jour sans qu'il y ait un volet formel d'animation ou de service dédié aux créateurs de cette région, explique M. Lafleur. Notre vocation est très éclatée. On couvre 250 kilomètres, de Petit-Saguenay à Dolbeau.»

Cette année, le salon a choisi de rendre hommage à l'écrivaine, journaliste et essayiste Hélène Pedneault. Née à Jonquière, celle qui signait des chroniques délinquantes dans La Vie en rose a été saluée hier soir par ses pairs, qui ont souligné la vivacité de sa plume comme de sa langue, qu'elles soient mises au service de la création ou de la défense des droits des femmes.

D'ici à demain, 20 000 visiteurs devraient avoir franchi les tourniquets du salon. Ça, c'est sans compter les quelques milliers de passionnés qui participent à l'année aux activités dites «hors murs», prévient le directeur général. «Nos activités hors murs sont très importantes. Il faut que le salon s'éclate, que ses auteurs sortent, parce que ça permet de créer une véritable synergie.»

Tables rondes, confidences d'auteurs, entrevues et séances de dédicaces permettront de voir si le pari aura porté ses fruits. En tout, 172 auteurs, dont Patrick Senécal, Roch Côté, Robert Maltais Larry Tremblay et Anne Tremblay (récipiendaire du Prix des lecteurs 2006 du salon), n'attendent que le public de la région pour entamer — ou poursuivre! — la discussion.