L'Académie des lettres du Québec décerne ses prix

L'Académie des lettres du Québec décernait hier ses prix annuels à l'occasion d'une cérémonie qui a mis en lumière trois écritures. Celle de Fernand Ouellette, empreinte de spiritualité, celle de Martine Desjardins, intense et vibrante, et celle de Catherine Mavrikakis, remarquée pour sa profondeur et sa limpidité.

Fondé en l988, le prix Alain-Grandbois récompense le recueil de poèmes considéré comme le plus important. Des 51 parutions soumises cette année, c'est L'Inoubliable, chronique I de Fernand Ouellette qui a été retenu. Les jurés ont vu dans ce «journal de l'âme» un «livre remarquable» écrit par l'un des «principaux poètes de sa génération».

Premier d'une trilogie, ce recueil publié à l'Hexagone se veut une réaction contre la barbarie actuelle et le vide spirituel à travers les réflexions d'un homme qui, tous les jours, fait le point sur son rapport à ce qui magnifie l'humain et à ce qui l'amoindrit. «Ces poèmes sont, chacun et tous ensemble, la somme d'une vie et le sommet d'une oeuvre», ont noté les jurés.

Le prix Ringuet (autrefois prix Molson) du meilleur roman a été attribué à Martine Desjardins pour son roman L'Évocation, publié chez Leméac. Il s'agit du troisième roman de cette écrivaine qui nous plonge à Armagh, au début du XIXe siècle, dans un style empruntant aux ambiances du roman gothique, mais dépouillé de ses artifices.

Les jurés ont unanimement salué la voix et l'écriture très personnelles de Martine Desjardins dans ce livre «saisissant» qui se distingue par «la limpidité du style» et le «dépouillement fervent» d'une écriture «intense et vibrante». L'Académie a aussi apprécié le traitement très particulier que l'écrivaine a réservé à la réalité.

Prix de l'essai à Catherine Mavrikakis

Le prix Victor-Barbeau, couronnant le meilleur essai, est allé à la romancière et essayiste Catherine Mavrikakis pour Condamner à mort. Les Meurtres et la loi à l'écran, publié aux Presses de l'Université de Montréal. La professeure au département d'Études françaises de l'Université de Montréal y traite de la peine de mort et de l'espace carcéral sous l'angle de la médiatisation excessive de la violence meurtrière.

Son livre, qui a pour but de «juger la peine de mort et la condamner, bien sûr, à mort», selon les mots de son auteure, a été jugé «subtil, profond et limpide» par les jurés. Cet essai, «magnifiquement écrit, se laisse lire comme un réquisitoire passionné contre la peine de mort et comme un cri d'alarme face aux excès de la violence médiatique», ont-ils ajouté.