Littérature - Le Montréalais Yann Martel remporte le Booker Prize

Yann Martel
Photo: Agence Reuters Yann Martel

Londres — L'écrivain canadien Yann Martel a remporté hier le Booker Prize, l'un des plus importants prix de la littérature anglo-saxonne, doté de 50 000 livres (120 000 $), pour son deuxième roman, Life of Pi (La Vie de Pi).

Yann Martel, 39 ans, né en Espagne d'un père diplomate canadien, vit à Montréal. Life of Pi est inconnu au Québec, où il n'a pas été traduit en français.

Quelque 130 romans avaient été retenus cette année pour le Booker Prize, qui récompense traditionnellement des auteurs britanniques, irlandais et des pays du Commonwealth. Son commanditaire, le groupe financier britannique Man Group, a fait grincer des dents en mai lorsqu'il a annoncé que le prix serait ouvert aux écrivains américains d'ici 2004.

La Vie de Pi, qui raconte la vie de l'adolescent Pi Patel, fils d'un directeur de zoo indien qui émigre en Amérique du Nord avec une ménagerie, faisait figure de favori pour la 34e édition du Booker Prize. Lorsque leur bateau coule, Pi se retrouve à bord d'un radeau de survie en compagnie d'une hyène, d'un orang-outan, d'un zèbre à la jambe cassée et d'un tigre du Bengale nommé Richard Parker, qui entreprend de manger les quatre autres quadrupèdes.

Outre Yann Martel, deux autres auteurs canadiens étaient dans la course cette année: Rohinton Mistry pour Family Matters et la lauréate du prix Pulitzer Carol Shields pour Unless.

Les trois autres auteurs en nomination étaient l'Irlandais William Trevor pour son roman The Story of Lucy Gault, la Londonienne Sarah Waters pour Fingersmith et l'Australien Tim Winton pour Dirt Music.

Aucun des six livres en lice ne figure sur la liste des meilleures ventes du New York Times ou du Sunday Times en Grande-Bretagne.

Toutefois, l'onction du jury du Booker Prize est une garantie d'un succès à venir, voire la sortie d'un film tiré du livre, comme l'illustre l'exemple du Patient anglais du Canadien Michael Ondaatje, en 1992.

Le roman Family Matters est décrit par les organisateurs comme «un portrait de la ville de Bombay contemporaine, ses divisions religieuses et ses difficultés économiques». Son auteur, né à Bombay, vit au Canada depuis 1975.

Unless, dixième livre de Carol Shields, raconte «l'histoire des angoisses d'une mère et sa quête de sens et d'espoir». Souffrant d'un cancer, la romancière née à Chicago, a suivi de chez elle la cérémonie d'hier soir.