Les prix littéraires du Gouverneur général - Soixante-huit soupirs d'impatience

Le sprint final pour les prix littéraires du Gouverneur général du Canada est ouvert. Le Conseil des arts du Canada a en effet fait connaître hier la liste des finalistes en lice pour ces prix fort attendus de la communauté des écrivains québécois et canadiens.

Côté français, en romans, on ne s'étonnera pas de retrouver cette année dans la course les noms de Monique Larue, pour La Gloire de Cassiodore, roman qui dresse un portrait de la vie dans les collèges d'enseignement, ou encore Monique Proulx avec Le coeur est un muscle involontaire, un hommage à Réjean Ducharme et au métier d'écrivain. À leurs côtés, dans cette compétition, on retrouve Pierre Yergeau avec La Désertion, Hélène Vachon pour La Tête ailleurs et Guy Demers pour L'Intime.

En poésie, Paul-Marie Lapointe, routier des mots de longue date, est en lice avec son dernier recueil, Espèces fragiles, en compagnie d'Anne-Marie Alonzo pourÉet la nuit, de René Lapierre pour Piano, de Louise Warren pour La Lumière, l'arbre, le trait et du Franco-Ontarien Robert Dickson, pour Humains paysages en temps de paix relative.

En théâtre, on retrouve sur les rangs Wouajdi Mouawad, pour Rêves (l'écrivain avait été lauréat en 2000 pour sa pièce Littoral), avec Daniel Danis pour Le langue-à-langue des chiens de roche, un combat «pour aimer et pour s'aimer»,, dit le jury, qui se déroule sur «une île fictive du Saint-Laurent». Carole Fréchette est également de la compétition pour Jean et Béatrice avec Reynald Robinson pour L'Hôtel des horizons et Pierre-Michel Tremblay pour Le Rire de la mer.

Catégorie essais

Au plan des essais, maintenant, signalons la présence d'Émile Ollivier, en compétition pour Repérages, un «itinéraire qui mène l'auteur de son Haïti natal au Québec». Claude Lévesque est également en lice pour Par-delà le masculin et le féminin, «un essai important qui vient à son heure», remarque le jury. Mentionnons enfin la présence de Judith Lavoie, en lice pour son Mark Twain et la parole noire, Élisabeth Nardout-Lafarge, pour Réjean Ducharme, une poétique du débris, et Lucie K. Morrisset, pour La mémoire du paysage. Histoire de la forme urbaine d'un centre-ville: Saint-Roch. Cet essai retrace l'histoire du centre-ville de Saint-Roch à Québec.

Chaque année, deux lauréats sont sélectionnés en littérature-jeunesse, l'un pour le texte, l'autre pour les illustrations. Dans le premier groupe, le jury choisira entre Dominique Demers pour Ta voix dans la nuit, François Gravel pour David et la maison de la sorcière, Sylvain Meunier pour Le Seul Ami, Pierre Roy pour Une tonne de patates! et Hélène Vachon (qui est également en lice dans la catégorie des romans) pour L'Oiseau de passage. Chez les illustrateurs, le débat se tiendra entre Philippe Béha pour ses images de La Reine rouge, Jean-Marie Benoit pour celles du Voyage, Guy England pour ses illustrations de L'Ami perdu, Mylène Pratt pour celles de Décroche-moi la lune et Luc Melanson pour Le Grand Voyage de Monsieur.

Enfin, dans la catégorie de la traduction de l'anglais au français, le jury tranchera entre Florence Bernard, pour F.R. Scott: une vie, traduction de l'oeuvre de Sandra Djwa, Jean Paré, pour La Révolution des droits, traduction de l'essai de Michel Ignatieff, Paule Pierre, pour Histoire Universelle de la chasteté et du célibat, traduction de l'essai de Elizabeth Abbott, et Carole Sadelain, pour La Nature des économies, traduction de l'oeuvre de Jane Jacobs.

Chez les anglophones

Du côté anglais, mentionnons les finalistes dans les catégories des romans et des essais. En roman, Unless, de Carol Shields, (également finaliste pour le Booker prize, décerné à Londres aujourd'hui) est en lice. A son for Nettie Johnson, de Gloria Sawai, y est aussi, avec The Navigator of New-York, de Wayne Johnston, Exile, d'Ann Ireland, et The case of Lena. S, de David Bergen.

Parmi les études et les essais qui sont en compétition du côté anglophone, on retrouve Possessing Genius, The Bizarre Odyssey of Einstein's brain, de Carolyn Abraham. Elle y retrace l'histoire du cerveau d'Einstein à travers la vie de celui qui en est le propriétaire: le Dr. Thomas Harvey, pathologiste et quaker.

Dans la même catégorie, Starting Out in the Afternoon: A Mid-Life Journey in the Wild Land, de Jill Frayne, raconte l'histoire d'une femme, Jill Frayne, qui quitte tout pour s'installer dans les îles de la Reine-Charlotte. When Words Deny the World; The Rehasping of Canadian Writing, de Stephen Henigan, pose la question de l'existence de la littérature canadienne dans un contexte de libre-échange.

Fieldnotes on Poetry and Wilderness, de Don MacKay, est, selon le jury, un livre dense et humoristique sur des sujets simples. Enfin, Saboteurs: Wiebo Ludwig's War Against Big Oil, de Andrew Nikiforuk, dont le jury dit qu'il s'agit d'«une preuve accablante contre l'industrie pétrolière».

Ces finalistes ont été choisis parmi des centaines d'ouvrages soumis par les éditeurs francophones et anglophones du pays. Or, cette année, les francophones ont soumis presque deux fois plus (43 contre 23) de traductions au jury. Par ailleurs, on relève une forte disparité entre les francophones et les anglophones dans la soumission d'essais, les premiers ayant présenté 77 ouvrages dans ce secteur au jury, contre 203 essais et études en anglais. Les lauréats seront connus le 12 novembre.

Petite modification aux règles cette année, chaque finaliste sera récompensé avec une bourse de 1000 $. Les lauréats dans chaque catégorie recevront pour leur part 15 000 $ chacun. L'éditeur des livres primés touchera quant à lui 3000 $ devant servir aux activités de promotion.