Littérature italienne - Un homme qui se cherche

Produit d'un mariage mixte, le narrateur de ce roman, Daniel, affronte le dilemme d'être juif pour les catholiques et catholique pour les juifs. Son grand-père paternel perd sa fortune tandis que son grand-père maternel est antisémite. Alessandro Piperno décrit, dans toutes ses contradictions, la classe huppée de Rome. Prétentieuse, avide, bourrée de préjugés, elle n'a rien de séduisant hormis les éphémères apparences du luxe.

Le narrateur, un garçon timide, petit-fils du juif Sonnino, éprouve une passion pour Gaïa, la petite-fille de Nanni Cittadini, qui affiche son appartenance à la haute société catholique. Il accepte de devenir son chevalier servant sans qu'elle lui permette de la toucher. Il découvre, consterné, qu'elle s'est adonnée à des jeux sexuels avec Dav, qui appartient à une autre famille juive, en présence d'un autre garçon. Ainsi, cette adolescente angélique est perverse et participe à la décadence de son milieu.

Piperno décrit des personnages hauts en couleur qui, sur le plan humain, présentent peu d'intérêt, de sorte que leurs cérémonies, leurs pratiques sociales et leurs rituels semblent répétitifs, comme si, dénuée d'un sens réel, leur existence se déroulait dans une vacuité.

L'auteur adopte une écriture décapante, cruelle, n'épargnant aucun des protagonistes. Drame ou comédie, la scène sur laquelle se jouent ces vies est souvent proche de la farce et de la caricature. Le roman se lit dans l'attente constante d'une véritable découverte, mais la curiosité du lecteur n'est satisfaite que par moments, dont les traces ne persistent pas.

Collaborateur du Devoir