Photographie - Le monde tel qu'il est

L'univers de François-Marie Banier est le nôtre. Celui, précisément, qu'on se refuse de voir. Celui des pauvres gens, des miséreux, des damnés du quotidien.

En guise d'accompagnement à cet album de photos exceptionnel, Erri De Luca écrit: «Je parcours les étapes où s'est arrêté François-Marie Banier et je sais que je me trouve dans une époque qui s'est donné pour constitution d'être déloyale avec le réel, de l'accuser ou de l'absoudre sans le regarder en face.» Banier, lui, regarde la vie en face. Il voit la douleur. Et avec son appareil photo, il lui donne un nom. Hors de ce remarquable livre qu'est Perdre la tête (Gallimard), «inutilement en couleur, le même monde défiguré que celui de Banier». Ce photographe est un ogre de la vie qu'il faut connaître.