Sondage Senergis-Le Devoir - Le sommet de Cancún est passé sous le radar

C'est ce que révèle un sondage Internet exclusif au Devoir, réalisé par la maison Senergis, du 17 au 19 décembre, sur l'attitude des Québécois par rapport aux changements climatiques et l'avenir du protocole de Kyoto.

«Est-ce qu'au cours des derniers jours, vous avez lu un ou des articles ou écouté des reportages qui parlaient du Sommet de Cancún sur le réchauffement climatique?» À cette question, 31 % ont en effet répondu oui et 49 % ont répondu non; une personne sur cinq, soit 20 %, a déclaré ne rien connaître de cet événement politique majeur.

Il faut dire que cette année seulement deux médias québécois ont couvert la conférence de Cancún, soit Radio-Canada, qui avait dépêché deux journalistes, et Le Devoir.

Cette relative indifférence des médias québécois pour ces questions indique qu'ils ne s'ajustent pas nécessairement aux préoccupations de leur clientèle. En effet, 72 % des Québécois disent se préoccuper «beaucoup» (30 %) ou «assez» (42 %) du problème climatique. Le reste, soit 28 %, se dit «peu» (20 %) ou pas du tout (8 %) préoccupé.

Le sondage indique d'autre part que le protocole de Kyoto jouit d'une étonnante notoriété, car 77 % des répondants disent en avoir entendu parler, contre 23 %.

Les Québécois se déclarent d'accord à 56 % pour la prolongation du protocole après 2012 et 18 % d'entre eux se disent favorables à une hausse de ses objectifs. Par contre, seulement 13 % des personnes interrogées espèrent des objectifs moindres de réduction des gaz à effet de serre dans une deuxième phase de Kyoto. Huit pour cent disent ne pas avoir d'opinion sur la question.

Les Québécois sont aussi plus nombreux à se dire satisfaits de la politique du gouvernement provincial (35 %) en matière de changement climatique que des politiques fédérales à ce sujet, lesquelles récoltent un appui de seulement 18 % des répondants. À l'inverse, 73 % des personnes interrogées se déclarent insatisfaites des politiques fédérales, un pourcentage qui est stable depuis 2006.

Par contre, l'insatisfaction à l'endroit des politiques provinciales de lutte contre le réchauffement climatique a quelque peu augmenté, passant de 52 % en 2006 à 55 % cette année. Il faut dire ici que la marge d'erreur gomme probablement cette différence, car elle se situe à 3,1 %, 19 fois sur 20.

Selon Daniel Lemieux, l'analyste de Senergis, ces résultats «montrent que les efforts et décisions des gouvernements provincial et fédéral ne sont pas à la hauteur des attentes des citoyens en ce qui a trait à la lutte contre le réchauffement et les émissions de gaz à effet de serre. Les Québécois semblent s'attendre à des choix et à des virages importants.»

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