Le monde aurait vécu mardi sa journée la plus chaude jamais enregistrée
La planète entière aurait vécu sa journée la plus chaude non officielle le 3 juillet, puis aurait fracassé ce record le lendemain, selon les scientifiques du projet Climate Reanalyzer de l’Université du Maine.
Sur la journée du 4 juillet, la température moyenne de l’air à la surface de la planète a été mesurée à 17,18 °C par un organisme dépendant de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), qui n’a cependant pas encore donné de confirmation officielle pour cette journée.
Cette mesure dépasse nettement les 17,01 °C mesurés lundi et qui battaient déjà avec une marge significative le record journalier précédent (16,92 °C) établi le 14 août 2016 et répété le 24 juillet 2022, selon ces données produites par un modèle des National Centers for Environmental Prediction du NOAA, et mises en lignes par des chercheurs de l’université du Maine.
Le calculateur climatique de l’Université du Maine — basé sur des données satellitaires et des simulations informatiques — prévoit une température en territoire record avec une moyenne en Antarctique d’un énorme 4,5 °C plus chaud que la moyenne entre 1979 et 2000.
Des records de températures élevées ont été dépassés les 3 et 4 juillet au Québec et dans le nord-ouest du Canada et du Pérou. Des villes à travers les États-Unis, de Medford, en Oregon, à Tampa, en Floride, ont atteint des sommets sans précédent, a souligné Zack Taylor, météorologue au Service national de météorologie. Pékin a signalé neuf jours consécutifs la semaine dernière où la température a dépassé 35 °C.
« Le réchauffement croissant de notre planète causé par l’utilisation de combustibles fossiles n’est pas inattendu, il a déjà été prédit au 19e siècle après tout », a fait remarquer le climatologue Stefan Rahmstorf, de l’Institut de recherche sur le climat de Potsdam en Allemagne.
« Mais c’est dangereux pour nous, les humains, et pour les écosystèmes dont nous dépendons. Nous devons l’arrêter rapidement. »
Ce record de chaleur quotidien, mais préliminaire et non officiel, survient après des mois de « statistiques météorologiques et climatiques vraiment irréelles pour l’année », comme une chaleur hors du commun dans l’Atlantique Nord, une glace de mer record en Antarctique et un renforcement rapide d’El Niño, a indiqué Jason Furtado, professeur de météorologie à l’Université de l’Oklahoma.
Ce record mondial n’est pas tout à fait le type régulièrement utilisé par les entités de mesure du climat de référence comme la National Oceanic and Atmospheric Association. Mais c’est une indication que le changement climatique atteint un territoire inexploré.
Les scientifiques utilisent généralement des mesures beaucoup plus longues des mois, des années, des décennies — pour suivre le réchauffement de la Terre. De plus, ce record préliminaire de la journée la plus chaude est basé sur des données qui ne remontent qu’à 1979, le début de l’enregistrement par satellite, alors que les données de la NOAA datent de 1880.
Avec l’Agence France-Presse