UQAC: un observatoire pour une forêt boréale plus résiliente

Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale
Le Centre de recherche sur la boréalie, qui chapeaute le nouvel observatoire, mènera des études afin d’assurer un aménagement durable et une meilleure résilience de la flore boréale.
Photo: Batistin Bour Le Centre de recherche sur la boréalie, qui chapeaute le nouvel observatoire, mènera des études afin d’assurer un aménagement durable et une meilleure résilience de la flore boréale.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Consulter les gens de l’industrie forestière et les Premières Nations pour aménager les forêts du Saguenay–Lac-Saint-Jean de façon plus durable, c’est ce que veut faire l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Avec son nouvel Observatoire régional de recherche sur la forêt boréale, l’établissement désire rendre les milieux forestiers plus résilients aux changements climatiques et aux autres perturbations.

« Si on n’a pas une forêt en santé et qui n’a pas un bon fonctionnement, on ne pourra jamais soutenir les autres produits que peut amener la forêt », indique Yan Boucher, codirecteur du Centre de recherche sur la boréalie (CREB) de l’UQAC. Ce centre chapeaute l’observatoire, créé en mai dernier et qui est financé par des fonds du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP) et du Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuit (SRPNI).

Le nouvel observatoire se veut une table de concertations pour les différents acteurs de l’industrie forestière, les chercheurs et les Premières Nations. L’établissement compte identifier les enjeux liés à la forêt. Le CREB mènera ensuite des recherches afin d’assurer un aménagement durable et une meilleure résilience de la flore boréale. « C’est la région où l’on voit les plus grandes économies associées à la foresterie », rappelle celui qui est également professeur au Département des sciences fondamentales de l’UQAC.

Le tout se fait en collaboration avec les différentes parties, mais aussi avec les Autochtones présents sur le territoire, soit les communautés de Pessamit, d’Essipit et de Mashteuiatsh. « On veut vraiment créer un lien solide avec les Premières Nations, cibler leurs besoins et mettre en place une stratégie d’aménagement durable », dit le codirecteur du centre.

Des recherches sur plusieurs fronts

À quoi ressemblera la forêt boréale dans un contexte de changements climatiques, d’incendies et d’épidémies d’insectes ? « C’est important, quand on veut une forêt saine et qui va se maintenir dans le temps », souligne le chercheur.

Les recherches menées au CREB ont pour but de protéger les milieux contre plusieurs fléaux. Incendies plus fréquents, épidémies qui s’étendent dans des zones plus au nord que par le passé… De tels changements vont avoir des impacts sur la capacité de régénérescence des forêts, ajoute le chercheur.

Certaines études visent donc à rendre les forêts plus à même de se renouveler après un incendie. « S’il y a trop de feux, certains endroits vont se transformer en landes forestières », craint M. Boucher. Des études sont également menées sur les conséquences d’insectes nuisibles, comme les tordeuses de bourgeons de l’épinette, ou sur la croissance et la mortalité de la canopée.

Sur le plan du climat, certaines équipes se penchent d’ailleurs sur les effets du carbone forestier, sur les conséquences des pratiques comme la coupe forestière et les incendies sur la diversité des oiseaux. « On regarde un peu l’impact des perturbations, qu’elles soient naturelles ou pas, et de l’aménagement forestier sur le bilan carbone de nos forêts », ajoute M. Boucher.

Découvrir de nouvelles molécules

En plus de s’intéresser à la préservation de la canopée boréale, les chercheurs visent à faire de nouvelles percées, notamment dans le domaine médical, en trouvant des molécules inédites. « On va aller voir différents types de plantes et on va tenter de découvrir des substances qui permettent de traiter certaines maladies, dont certains cancers », illustre le codirecteur.

Certaines études sont également menées avec les Premières Nations afin de recenser les plantes primordiales pour la pharmacopée autochtone. « On a beaucoup de chimistes qui se penchent sur l’identification de molécules issues de la forêt boréale. C’est un pan important des travaux réalisés au Centre de recherche sur la boréalie », souligne M. Boucher.

Avec de tels travaux, le CREB veut ensuite mettre sur pied des pratiques pour maintenir la résilience des forêts, mais aussi des rivières.

De l’aveu de M. Boucher, le centre verra « un paquet de recherches » se développer dans le futur. C’est pourquoi il espère obtenir du financement pour les prochaines années de fonctionnement de l’observatoire. « Les enjeux vont apparaître et émerger en fonction de nouvelles problématiques. Ça pourrait être d’autres espèces qui seront en cause dans deux ans. Donc, on veut faire une veille sur les enjeux qui touchent la forêt boréale régionale, puis s’y attaquer. »

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