Concordia: quand l’innovation numérique se met à l’oeuvre pour l’action climatique

Camille Feireisen
Collaboration spéciale
Les outils numériques « sont des outils puissants pour la recherche en environnement », affirme Damon Matthews, codirecteur scientifique de l’initiative SDA. 
Photo: iStock Les outils numériques « sont des outils puissants pour la recherche en environnement », affirme Damon Matthews, codirecteur scientifique de l’initiative SDA. 

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Souvent montrée du doigt pour ses impacts environnementaux, l’innovation numérique peut aussi apporter des solutions et des idées pour atteindre les objectifs de développement durable des Nations unies, dans un contexte de crise climatique. C’est dans cette optique que l’Université Concordia, en collaboration avec le pôle pancanadien de Future Earth, accueille un nouveau groupe de réflexion qui se penche sur la durabilité à l’ère du numérique.

L'avènement des technologies a apporté des améliorations majeures dans le quotidien des sociétés, tout en creusant certaines disparités socio-économiques. Et si ces innovations pouvaient devenir des outils clés pour résorber ces inégalités et se mettre au service de la lutte contre les changements climatiques ? C’est en se posant cette question que le groupe Sustainability in the Digital Age (SDA) a été créé.

« L’idée est que l’innovation numérique a remodelé le monde de manière fondamentale et, dans certains cas, cela accélère et exacerbe les problèmes environnementaux. Mais les outils eux-mêmes qui ont été développés ont un énorme potentiel pour résoudre ces mêmes problèmes s’ils sont orientés vers le changement climatique et la durabilité environnementale », souligne le codirecteur scientifique de l’initiative SDA, Damon Matthews, également titulaire de la Chaire de recherche de l’Université Concordia en climatologie et en durabilité.

Le groupe de réflexion réunit donc des partenaires internationaux et des intervenants majeurs de l’écosystème d’innovation québécois, notamment le Fonds de Recherche du Québec et l’institut d’intelligence artificielle Mila-Québec. Leurs recherches se concentreront sur trois champs d’action, à savoir la recherche et l’innovation, les politiques et les pratiques exemplaires, et la formation transdisciplinaire.

Selon la vice-rectrice à la recherche et aux études supérieures, Dominique Bérubé, la formule d’un groupe de réflexion permet une approche différente, pour mieux structurer le transfert des connaissances et rester plus proche de la société. « Cela permet de réunir différents intervenants de la communauté, de la société en général et de la communauté universitaire à une même table, en conversation », dit-elle.

Créer une force de réflexion

La directrice générale de SDA et directrice du pôle mondial de Future Earth Canada, Éliane Ubalijoro, souligne tous les atouts de tels partenariats pour réaliser des actions climatiques concrètes. « Avec Mila, on travaille sur un projet pour déterminer comment utiliser l’intelligence artificielle pour améliorer différentes pratiques agricoles et comment nous assurer qu’avoir plus de données nous aide à avoir les bonnes subventions au bon endroit, qui vont avoir un impact positif sur l’environnement, la nature et la biodiversité », illustre-t-elle.

Les sujets auxquels vont s’intéresser les chercheurs sont multiples et complexes. « Pour les politiques de soutien, on a besoin de données montrant qu’avec des pratiques agricoles plus durables, on peut nourrir toute la planète, tout en assurant qu’on ne détériore pas le milieu naturel », ajoute Mme Ubalijoro. Et pour cela, l’innovation numérique peut contribuer, en apportant les connaissances nécessaires et en accélérant les processus de mise en place de bonnes pratiques.

Former les leaders de demain

Il y a également tout un dialogue national à avoir grâce à ce groupe de réflexion, estime Mme Ubalijoro. Former les jeunes de demain à être des leaders dans le domaine, qui savent allier durabilité environnementale et innovation numérique, est nécessaire, et c’est pourquoi le groupe de réflexion est constitué de différences forces. « Cela amène des perspectives très différentes, d’avoir des gens de divers milieux : de l’industrie privée, des ONG et du monde universitaire, qui présentent toutes les possibilités de carrière dans le milieu », estime-t-elle.

Selon Damon Matthews, les jeunes sont de plus en plus intéressés par ces enjeux du changement climatique et recherchent plus d’interdisciplinarité pour résoudre ces défis. « Il y a vraiment un gros fossé entre les sciences et les sciences sociales pour aborder cette problématique. Le monde numérique et l’intelligence artificielle prennent aussi du temps à assimiler, ce sont des matières considérées comme fascinantes, mais intimidantes. Mais il est essentiel de comprendre ces outils numériques pour nous en servir, ce sont des outils puissants pour la recherche en environnement », précise-t-il.

« Je pense que tout le monde sait que ce qui attire les jeunes, c’est surtout l’interdisciplinarité, même si ce n’est pas simple de s’y frotter. L’avantage de ce groupe de réflexion, c’est d’amener tout le monde autour d’une même table, avec des disciplines spécifiques à venir chercher et pour faire une réelle différence sur le sujet », souligne Mme Bérubé.

Il s’agira également de connecter des recherches qui tentent de créer des solutions de durabilité avec des intervenants du milieu et des preneurs de décision. L’objectif du groupe est d’apporter sa pierre à l’édifice pour que, d’ici 2030, les pays aient les connaissances suffisantes pour atteindre l’objectif des 30 % de réduction des GES sur la planète.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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