«Manifestation large» contre la COP15 à Montréal

La manifestation s’est entièrement dissipée, en soirée, dans le secteur du Palais des congrès, où se déroule la conférence de l’ONU.
Marie-France-Coallier Le Devoir La manifestation s’est entièrement dissipée, en soirée, dans le secteur du Palais des congrès, où se déroule la conférence de l’ONU.

Quelques centaines de manifestants sont descendues dans les rues de Montréal vendredi après-midi pour s’opposer à la COP15, qualifiant la conférence onusienne d’« écoblanchiment ». Intitulé « Manifestation large : contre la COP15, pour la biodiversité », l’événement a rassemblé des représentants de près de 20 associations étudiantes postsecondaires en grève.

« On n’en peut plus de votre capitalisme vert et de votre écoblanchiment », a lancé la militante Xan Choquet vers 15 h 30 au square Saint-Louis, où les manifestants se sont regroupés avant de marcher. Mme Choquette s’implique au sein du groupe Bloquons la COP15, qui a coorganisé l’événement, aux côtés des associations étudiantes.

Le contingent de manifestants s’est déplacé, dans le calme, du carré Saint-Louis jusqu’au Palais des congrès de Montréal, où se déroule la conférence de l’ONU sur la biodiversité. Il a notamment bloqué, tour à tour, les rues Saint-Denis, Rachel, Saint-Hubert et Sherbrooke.

Une forte présence policière encadrait la marche. La police antiémeute du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a d’ailleurs été dépêchée.

Dans les premières heures de la manifestation, l’ambiance était plutôt festive et pacifique, hormis une vitre de commerce brisée au coin des rues Saint-Hubert et Cherrier. Des dizaines de manifestants ont même commencé à marcher en chantant Le temps est bon, d’Isabelle Pierre, au square Saint-Louis.

La manifestation s’est entièrement dissipée un peu avant 19 h, dans le secteur du Palais des congrès. Le SPVM indique qu’il n’y a eu aucune arrestation et que « les manifestants [sont partis] par eux-mêmes ».

Revendications anticapitalistes

Plus de 20 000 étudiants de cégeps et d’universités du Québec étaient en grève vendredi soir. Bien qu’elle ait rassemblé moins de personnes que prévu, la manifestation demeure la plus importante depuis le début de la COP15.

Les centaines de participants ont dénoncé d’une seule voix l’inaction des dirigeants quant à la protection de la biodiversité dans un système capitaliste qui privilégie la croissance économique. « Les gouvernements sont incapables de résorber la problématique des changements climatiques », s’est indigné Simon-Pierre Lauzon, rencontré sur place. Il est militant au sein d’Alternative socialiste, un organisme qui soutient le groupe Bloquons la COP15.

« La lutte à Rouyn-Noranda pour la baisse des émissions d’arsenic, la lutte à Québec pour le nickel dans l’air et la lutte à Montréal pour les transports en commun — encore en déficit cette année — sont toutes des luttes environnementales du peuple contre les compagnies privées qui veulent faire des profits », affirme M. Lauzon.

Un texte publié sur le site Web de l’organisme Bloquons la COP15 abonde dans le même sens : « Notre système économique, le capitalisme, est à l’origine de ce problème : seule sa remise en question peut nous permettre de sauver ce qui peut encore l’être. Évidemment, cela n’est en rien l’objectif de la COP15. Celle-ci vise même des objectifs contraires. »

Plusieurs manifestants venaient d’ailleurs de différentes régions du Québec. Alec O’Reilley est étudiant à l’Université de Sherbrooke. Il est aussi venu dénoncer le rôle des entreprises privées dans la dégradation des écosystèmes : « La biodiversité est en chute libre depuis le XIXe siècle, c’est-à-dire depuis que la propriété privée et le capitalisme sont devenus hégémoniques. Il y a vraiment une corrélation entre le capitalisme et la perte de biodiversité. C’est tellement inquiétant ce qui se passe. »

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