Radio climat, pour inciter les enfants à l’action

Marie-Claude Djambou, 10 ans, fait partie des animateurs du balado « Radio-climat » lancé en novembre.
Photo fournie par l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve Marie-Claude Djambou, 10 ans, fait partie des animateurs du balado « Radio-climat » lancé en novembre.

Ce texte est tiré du Courrier de la planète du 6 décembre 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.

Il y a quelques semaines, on répondait à une lectrice qui demandait comment on devait parler d’environnement – donc de crise climatique – aux enfants. « [Avec les enfants] très jeunes, il ne faut pas nécessairement aborder l’environnement sous l’angle de ses problèmes », avait indiqué la psychologue Ines Lopes.

Les autres experts consultés par Le Devoir abondaient dans ce sens. Ils affirmaient qu’il fallait surtout, avec les très jeunes enfants, miser sur la relation positive que ceux-ci pouvaient entretenir avec la nature, sur l’émerveillement.

Avec son projet parascolaire Radio climat, lancé le 18 novembre dernier, l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve a réussi à mettre en pratique cette approche, en relevant le défi supplémentaire d’inciter des jeunes à mener des actions écologiques. Ainsi, sept enfants de 7 à 10 ans ont conçu un épisode de balado avec l’aide de l’arrondissement afin de faire connaître de bonnes pratiques environnementales.

« Les enfants y abordent la question environnementale de manière très ludique et amusante, raconte Pierre Lessard-Blais, maire de l’arrondissement. Même sur un ton festif, ils arrivent à s’attaquer à de vrais problèmes. On parle entre autres d’alimentation à base d’insectes ou encore de l’importance de réduire notre production de déchets. »

Marie-Claude Djambou, 10 ans, a animé le balado. Elle raconte avoir « appris beaucoup de choses » au cours de cette expérience. « J’ai appris ce qu’était le déchétarisme, dit-elle. Au lieu d’aller dans l’épicerie, les gens vont dans les poubelles. Ça permet surtout d’éviter de gaspiller les produits. Les épiceries peuvent aussi réutiliser leurs légumes, en faisant, par exemple, de la sauce avec des tomates qui sont moins belles. »

Au-delà de l’école

La jeune animatrice précise qu’à son âge, elle commence à recevoir de la formation, à l’école, sur différents sujets relatifs à l’environnement, surtout en lien avec des actions qu’elle peut accomplir au quotidien. « Chaque année, on ramasse des déchets, on réutilise des objets. En ce moment, on apprend à faire des boucles d’oreilles à partir de goupilles de canettes », dit-elle.

Marie-Claude ajoute toutefois qu’elle a préféré travailler sur le balado, que « c’est une très bonne façon d’apprendre des choses, parce que tu travailles en équipe et que tu dois faire des recherches sur Internet ».

L’équipe des sept jeunes était entourée des professionnels de l’organisme La puce à l’oreille, qui se spécialise en production de balados pour enfants. Ceux-ci avaient été engagés par l’arrondissement. Ils ont notamment épaulé les enfants dans le choix des sujets et dans l’écriture de leurs textes.

« Les jeunes sont sensibles à ce média-là, dit Prune Lieutier, directrice générale de l’organisme. C’est magique, pour eux, de parler au micro. C’est un média qui permet de développer la recherche, l’écriture, mais aussi l’oralité. » Mme Lieutier ajoute que, pour cette raison, de plus en plus d’écoles et d’organismes publics font appel à ses services.

L’épisode de Radio climat, désormais accessible en ligne, s’inscrit d’ailleurs dans une plus vaste campagne de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve intitulée « À MHM, c’est cool d’être écolo ! ». Plusieurs activités, notamment des concours de dessins ou de chansons ainsi que des « heures du conte », ont également été proposées dans différents établissements de l’arrondissement.

« On essaie aussi d’impliquer la jeunesse au coeur de nos décisions administratives, que ce soit dans les consultations pour notre “Plan climat”, pour nos “rues ludiques” ou pour des installations dans nos bibliothèques, raconte M. Lessard-Blais. C’est pour l’avenir des enfants que l’arrondissement doit travailler. »

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