Des manifestants défilent contre la COP15 à Montréal

Un peu après 7 h mercredi, les rues aux abords du Palais des congrès de Montréal étaient quasiment désertes. Sur la place d’Armes, sous la pluie et dans la pénombre, une poignée de manifestants, la plupart cagoulés et vêtus de noir, avec des drapeaux de la même couleur, écoutaient un discours vindicatif contre la COP15.

La petite taille du groupe, une cinquantaine, était encore plus mise en évidence par la forte surveillance policière à proximité, à vélo, à cheval et en voiture. Un dispositif que les militants ont qualifié dans un communiqué de « complètement disproportionné et agressif ». Tout au long de la manifestation, qui aura duré jusqu’à l’heure du midi, seules quelques escarmouches verbales se sont produites et les manifestants se sont contentés de malmener physiquement des cônes orange.

Équipés de drapeaux noirs et d’une grande bannière rouge sur laquelle on pouvait lire « Bloquons la COP15 » et signée par La coalition écologiste et anticapitaliste contre la COP15, les manifestants étaient peu disposés à parler aux représentants des médias, qui se trouvaient sur place en grand nombre.

Céleste Trianon, 19 ans, a bien voulu expliquer au Devoir que les « promesses sont cassées quotidiennement par les leaders mondiaux ». « On a besoin de plus d’action, croit-elle. Ils disent qu’ils font des choses, mais ils n’en font pas assez. »

La conférence de l’ONU sur la biodiversité, qui accueille des milliers de délégués de partout dans le monde jusqu’au 19 décembre au Palais des congrès, ne s’attire pas que des louanges. Des milliers d’étudiants sont en grève cette semaine, dont plus de 20 000 vendredi, pour protester contre la tenue de l’événement.

Scandant des slogans en anglais et en français, les manifestants se sont d’abord rendus au cégep du Vieux Montréal et ensuite devant l’Université du Québec à Montréal (UQAM) pour ajouter des militants à leur cortège. Au plus fort de la manifestation, ils étaient près de 200.

Esther et Félix, deux étudiants au baccalauréat en géographie à l’Université de Montréal (UdeM), sont en grève trois jours pour l’occasion. Ils se sont joints à la manifestation vers 10 h 30.

« Il y a un paradoxe, lance le jeune homme. Beaucoup d’experts sont invités à la COP15 pour partager leurs connaissances, mais rien n’est retenu quand vient le temps de signer des accords et des ententes. C’est toujours nivelé vers le bas, le strict minimum. »

« C’est un événement utilisé par les grandes entreprises », critique de son côté la jeune femme.

Le faible nombre de manifestants ne les décourage pas. « Il y en aura plus vendredi », pense Félix, en référence à la « manifestation large » qui est prévue à 15 h au square Saint-Louis.

Les activistes ont circulé aux abords du Palais des congrès, sous l’oeil interrogateur de délégués en provenance de l’Inde, de l’Afrique du Sud ou du Brésil. Des escouades antiémeutes de la Sûreté du Québec et du SPVM étaient également sur place pour diriger le déplacement de la manifestation et protéger des édifices. Les militants se sont également rendus plus au nord, sur la rue Sherbrooke, et ont parcouru la rue Sainte-Catherine et le boulevard René-Lévesque.

L’intensité a quelque peu augmenté vers midi, quand des policiers casqués ont marché de chaque côté du contingent pendant près d’une heure, très proche des manifestants. Ceux-ci se sont finalement dispersés dans un calme relatif vers 12 h 30, près du métro Place-des-Arts.



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