Montréal compte mieux protéger les pollinisateurs

Secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique, Elizabeth Maruma Mrema (à gauche) a félicité la mairesse Valérie Plante pour le plan présenté par la Ville.
Paul Chiasson La Presse canadienne Secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique, Elizabeth Maruma Mrema (à gauche) a félicité la mairesse Valérie Plante pour le plan présenté par la Ville.

À moins d’un mois de la COP15, qui se tiendra dans la métropole en décembre, la Ville de Montréal a dévoilé mercredi son plan de protection des pollinisateurs pour les cinq prochaines années. Montréal entend notamment accroître la superficie des milieux naturels protégés, réduire la fréquence de la tonte du gazon sur les terrains de la Ville et réaliser des inventaires écologiques de la population d’insectes.

Les pollinisateurs sont en déclin dans plusieurs régions du monde en raison de la destruction des habitats et de l’utilisation de pesticides, mais leur importance n’est plus à démontrer, puisque 75 % des principales cultures dépendent de leur action.

C’est dans ce contexte que la Ville a élaboré un plan en trois volets pour les protéger, à quelques semaines de la conférence des Nations unies sur la biodiversité qui aura lieu à Montréal du 7 au 19 décembre prochains.

Dans un premier temps, Montréal souhaite faire passer de 8 % à 10 % les superficies de milieux naturels protégés sur son territoire. La Ville entend aussi développer cinq projets de corridors écologiques afin de relier entre eux les espaces verts.

Afin de mieux protéger ces insectes, Montréal compte être moins assidue dans ses opérations de tonte de gazon, en commençant par les terrains qui appartiennent à la ville-centre. « Dès le printemps prochain, la fréquence de tonte va diminuer. C’est un geste très simple, mais qui contribue à soutenir les écosystèmes et les pollinisateurs », a expliqué Valérie Plante.

La Ville croit aussi qu’il faut revoir la réglementation sur la propreté et les nuisances en vigueur dans certains arrondissements afin de favoriser les aménagements de fleurs et les potagers en façade, où ceux-ci sont interdits.

Finalement, la Ville entend documenter la population de pollinisateurs en ville afin de mieux concevoir les projets visant à les protéger. En 2020, des chercheurs avaient recensé 435 espèces d’insectes pollinisateurs sur l’île de Montréal. Plus de la moitié de cette population est composée de bourdons, d’abeilles indigènes et de guêpes solitaires.

Pour l’instant, la Ville n’entend pas encadrer la gestion des ruches et leur nombre à Montréal, un dossier qui relève du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). La Ville reconnaît cependant que si les abeilles domestiques sont en trop grand nombre, elles peuvent représenter une menace pour les pollinisateurs indigènes.

Secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique, Elizabeth Maruma Mrema a félicité la mairesse Plante pour le plan présenté par la Ville.

 

Le directeur de l’Insectarium de Montréal, Maxim Larrivée, croit que les mesures du plan — auquel son institution a participé — sont prometteuses pour la protection des pollinisateurs. « On l’a constaté : lorsqu’on permet à la nature de reprendre ses droits, les pollinisateurs viennent. Plus on va pouvoir créer, restaurer et relier les habitats dans la grande région de Montréal, plus la biodiversité va augmenter. »

« Nous sommes heureux que l’administration Plante honore enfin l’engagement qu’elle a pris il y a quatre ans en adoptant la motion d’Ensemble Montréal pour que la Ville de Montréal élabore une stratégie de protection des pollinisateurs », a pour sa part indiqué la conseillère Stéphanie Valenzuela, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’environnement. « C’est toutefois dommage d’avoir attendu si longtemps et qu’il ait fallu la prochaine COP15 pour motiver l’administration à la présenter. »

À voir en vidéo