Quel est l’impact écologique de la production de la cryptomonnaie?

Le bitcoin et la technologie sous-jacente aux cryptomonnaies, la chaîne de blocs, sont depuis longtemps connus pour être très gourmands en énergie.
Justin Tallis Archives Agence France-Presse Le bitcoin et la technologie sous-jacente aux cryptomonnaies, la chaîne de blocs, sont depuis longtemps connus pour être très gourmands en énergie.

Ce texte est tiré du Courrier de la planète du 25 octobre 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.

Pour répondre à cette question posée par une lectrice, Irène Cinq-Mars : le bitcoin, la plus célèbre et la plus controversée cryptomonnaie, aurait un impact sur le climat similaire à celui de certaines des industries les plus nocives pour l’environnement, selon une récente étude parue dans la revue scientifique Scientific Reports en septembre.

Le bitcoin et la technologie sous-jacente aux cryptomonnaies, la chaîne de blocs, sont depuis longtemps connus pour être très gourmands en énergie, mais les auteurs de la publication, des chercheurs de l’Université du Nouveau-Mexique, jettent un nouveau regard sur son empreinte environnementale. Ils ont calculé les dommages climatiques liés à la production de chaque bitcoin.

Résultat : ceux-ci s’élevaient à plus de 11 300 $ en 2021, selon leurs estimations basées sur les coûts économiques des émissions de dioxyde de carbone. Les chercheurs ont ensuite voulu comparer les dommages climatiques de la production du bitcoin en se basant sur le ratio de sa valeur marchande.

Selon une moyenne de 2016 à 2021, les dommages climatiques de chaque bitcoin produit se sont élevés à environ 35 % de sa valeur marchande, ont-ils révélé. Autrement dit, la pollution générée par la production de bitcoins se comparerait, toute proportion gardée, à celle engendrée par la production de boeuf (33 %) ou de pétrole (41 %).
 


Des chercheurs britanniques se sont aussi aventurés à estimer l’impact environnemental du réseau Bitcoin. À l’heure actuelle, le centre de l’Université Cambridge pour la finance alternative (CCAF) estime que la consommation annuelle du réseau Bitcoin atteindrait 104,5 TWh (térawattheure) — légèrement inférieure à celle des Pays-Bas (116,3 TWh), mais supérieure à celle de la Belgique (83,7 TWh). En fait, si le bitcoin était un pays, il se classerait au 33e rang des plus grands consommateurs d’électricité dans le monde. Et pourquoi le bitcoin consomme-t-il autant d’électricité ? Parce que partout sur la planète, des ordinateurs « minent » des bitcoins et vérifient les transactions sur le réseau.
 


En date de janvier 2022, les sources d’électricité servant à alimenter ce réseau étaient majoritairement non renouvelables (73 %, soit près des trois quarts), selon le CCAF. C’est la preuve que, si les cryptomonnaies sont virtuelles, leurs effets sur le climat, eux, sont… bien réels.

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