Les Îles-de-la-Madeleine constatent l’ampleur des dégâts laissés par «Fiona»

François Legault revêtira à nouveau ses habits de premier ministre lundi. Lors d’une visite déjà prévue dans le cadre de sa campagne électorale, il doit se rendre aux Îles-de-la-Madeleine, où il pourra constater les dommages causés par la tempête post-tropicale Fiona. Les vents et les vagues ont abîmé, voire ravagé, des centaines de bâtiments partout dans les régions de l’Atlantique.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, s’est rendue, elle, dimanche matin aux Îles-de-la-Madeleine pour faire le point sur la situation. Le bilan des dommages n’est pas encore chiffré, mais 37 personnes ont dû être évacuées. « Il n’y a pas eu de décès. Il n’y a pas eu de blessés, a-t-elle précisé. C’est toujours le principal de s’assurer de la sécurité des gens. Le réseau routier aux Îles-de-la-Madeleinea été rétabli hier soir aussi. […] Ç’aurait pu être pire. »

Québec dédommagera les propriétaires de résidences qui n’étaient pas assurés. Ils devront pour ce faire contacter le ministère de la Sécurité publique, sur son site Web ou par téléphone. Un bureau exceptionnel doit aussi être installé aux Îles au cours des prochains jours. Cependant, ce programme d’aide ne couvre que les résidences principales.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, se rendra également aux Îles-de-la-Madeleine lundi — un voyage loin d’être systématique pour les politiciens en raison de la distance avec le reste du Québec.

Il n’y a pas eu de décès. Il n’y a pas eu de blessés. […] Ç’aurait pu être pire.

 

Il sera accueilli par son candidat et député sortant, Joël Arseneau. « On va faire un suivi très serré pour s’assurer que les sinistrés seront dédommagés rapidement. Vous le savez : dans le cas d’autres catastrophes comme celles-là, pour certains sinistrés, ça s’est transformé en cauchemar parce que les dédommagements [étaient] extrêmement lents », a-t-il observé dimanche. Québec solidaire et le Parti conservateur du Québec n’iront pas sur place.

Sur le plan politique, la CAQ et le PQ se livrent une bataille de tous les instants dans la circonscription des Îles-de-la-Madeleine.

 

Selon le site d’agrégation des sondages Qc125.com, les deux formations sont à un point de pourcentage de différence.

Le calme après la tempête

 

La tempête Fiona a soufflé avec des vents « soutenus » de 80 km/h des pointes entre 90 et 120 km/h. Une rafale de 171 km/h a même été enregistrée par Environnement Canada en Nouvelle-Écosse. 

Les plus grosses vagues sur le golfe du Saint-Laurent ont atteint généralement entre 4 et 6 mètres. Des vagues de 10 mètres ont été mesurées à l’est de la Gaspésie. Certaines pointes de vagues ont été mesurées à 16 mètres.

Après cette tempête, le soleil est revenu dans le ciel de l’est du pays. Un peu partout, dimanche, on s’affairait à constater l’ampleur du sinistre. Deux morts ont été répertoriés par les autorités, l’un à Terre-Neuve et l’autre en Nouvelle-Écosse.

Aux Îles-de-la-Madeleine, ces vagues ont submergé les quais à plusieurs endroits, endommageant plusieurs bateaux. La crue soudaine des eaux a détruit des dizaines d’édifices. À Havre-Aubert, notamment, le littoral a été complètement submergé. Presque toutes les demeures riveraines ont ainsi été inondées. Les vents ont aussi arraché une partie du toit de l’église à valeur patrimoniale de Saint-Pierre-de-La Vernière, à L’Étang-du-Nord. Aucun dommage majeur n’est à déplorer sur les bâtiments municipaux, qui seront ouverts dès lundi matin.

L’un des deux câbles sous-marins de télécommunications entre l’archipel et le continent a été rompu. Le second lien a toutefois tenu bon, ce qui a permis aux Madelinots de rester sans cesse en communication directe avec le reste du Québec.

L’est de la Gaspésie accuse aussi de lourds dommages. Le château Dubuc, à Chandler, a été englouti par les vagues, samedi. Le bâtiment patrimonial était déjà en piètre condition depuis de précédentes tempêtes. Les responsables de Patrimoine Gaspésie avaient déjà sonné l’alerte sur la destruction imminente de cet édifice construit en 1916.

Le sud-ouest de Terre-Neuve a été particulièrement ravagé. Les eaux ont éventré au moins une vingtaine de maisons dans la municipalité de Port-aux-Basques. Son maire, Brian Button, a comparé sur Internet son village à une « zone de guerre totale ». Des centaines de résidents de la région ont dû être évacués et mis à l’abri.

L’Île-du-Prince-Édouard constatait aussi, dimanche, l’ampleur de la destruction. D’innombrables maisons, commerces et quais ont été gravement endommagés. Le gouvernement a annoncé que les écoles seraient fermées lundi et mardi dans la province. Environ 200 personnes ont dû être évacuées de l’île du Cap-Breton.

La Basse-Côte-Nord a été secouée, mais épargnée. « On s’était préparés, et on a finalement surtout eu des vents forts. On n’a pas eu plus de dommage que lors d’une tempête automnale », a observé Karine Monger, directrice générale de la MRC locale.

Dimanche en fin de journée, près de 340 000 clients des Maritimes étaient privés d’électricité et pratiquement l’ensemble des citoyens de l’Île-du-Prince-Édouard étaient sans courant pour une deuxième journée de suite.

L’électricité était cependant revenue dans presque toutes les demeures des Îles-de-la-Madeleine, dimanche après-midi. L’état d’urgence y a été levé à 18 h 30.

L’armée en renfort

Des centaines de membres des Forces armées canadiennes avaient commencé dès samedi à se déployer dans les provinces de l’Atlantique pour secourir les sinistrés. Les soldats aideront dans les prochains jours à retirer les débris, puis à réparer les ponts et les routes détruites tandis que des techniciens travailleront à rétablir le réseau électrique.

« Tout le monde met la main à la pâte », a déclaré dimanche la ministre de la Défense, Anita Anand, en conférence de presse.

Ces renforts n’ont pas été nécessaires au Québec.

Le gouvernement fédéral égalera par ailleurs tous les dons versés à la Croix-Rouge pour venir en aide aux sinistrés de la tempête Fiona.

Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué qu’il annulait sa visite prévue au Japon pour surveiller l’évolution de la situation. Il devrait se rendre sur le terrain dans les prochains jours.

Avec François Carabin, Alexandre Robillard et La Presse canadienne

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