Le monde va «dans la mauvaise direction» pour le climat, selon le patron de l’ONU

«Canicules en Europe. Inondations colossales au Pakistan. Sécheresses graves et prolongées en Chine, dans la corne de l’Afrique et aux États-Unis. Il n’y a rien de naturel dans l’échelle nouvelle de ces désastres», a jugé António Guterres, le secrétaire général de l’ONU.
Ghulam Rasool Agence France-Presse «Canicules en Europe. Inondations colossales au Pakistan. Sécheresses graves et prolongées en Chine, dans la corne de l’Afrique et aux États-Unis. Il n’y a rien de naturel dans l’échelle nouvelle de ces désastres», a jugé António Guterres, le secrétaire général de l’ONU.

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a pointé du doigt « l’addiction de l’humanité aux énergies fossiles » après une récente série de catastrophes climatiques et alors qu’un rapport publié mardi souligne que le monde « va dans la mauvaise direction ».

« Inondations, sécheresses, canicules, feux et tempêtes extrêmes ne font que s’aggraver et battent des records avec une fréquence inquiétante », a souligné M. Guterres dans un message vidéo.

« Canicules en Europe. Inondations colossales au Pakistan. Sécheresses graves et prolongées en Chine, dans la corne de l’Afrique et aux États-Unis. Il n’y a rien de naturel dans l’échelle nouvelle de ces désastres », a-t-il jugé.

« Ils représentent le prix de l’addiction de l’humanité aux énergies fossiles », selon le secrétaire général de l’ONU, qui appelle à une sortie du charbon et au développement des énergies renouvelables.

Ces propos, à quelques semaines de la COP27 sur le climat, prévue en Égypte en novembre, accompagnent la publication d’un rapport compilé par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) de l’ONU sur l’état de la science climatique.

Toujours plus de GES

 

Le document montre sans surprise que le monde « va dans la mauvaise direction » face au changement climatique et ses conséquences catastrophiques.

Les concentrations de gaz à effet de serre continuent ainsi d’augmenter avec de nouveaux records et les émissions liées aux énergies fossiles se trouvent désormais au-dessus des niveaux prépandémie de COVID-19.

Selon des données préliminaires citées dans le rapport, les émissions mondiales de CO2 entre janvier et mai de cette année sont 1,2 % supérieures à la même période de 2019. Elles sont tirées par les États-Unis, l’Inde et « la plupart » des pays européens, selon les auteurs.

Le réchauffement, lié à l’activité humaine, ne connaît pas de répit. Les auteurs du rapport estiment qu’il existe une probabilité de 93 % pour qu’au moins l’une des cinq prochaines années soit plus chaude que l’année la plus chaude jamais enregistrée, 2016.

« Tous les pays doivent augmenter leurs ambitions climatiques nationales chaque année, jusqu’à ce que nous soyons sur les rails », plaide Antonio Guterres, qui appelle « le G20, qui est responsable de 80 % des émissions mondiales » à « montrer le chemin ».

Un « scandale »

Antònio Guterres a qualifié de « scandale » le fait que les pays développés aient, selon lui, échoué à prendre au sérieux les questions d’adaptation aux effets du changement climatique et ignoré leurs engagements à aider les pays plus pauvres.

M. Guterres les a pressés de respecter « pleinement » leur engagement pris lors de la COP26 de Glasgow de verser 40 milliards $US par an pour l’adaptation aux effets du réchauffement.

Le financement de l’adaptation doit augmenter jusqu’à au moins 300 milliards de dollars annuels d’ici 2030, a-t-il estimé.



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