Un répit de feux de forêt… pour l’instant

Au Canada comme au Québec, le nombre de feux est en diminution depuis plusieurs années grâce aux moyens de prévention.
Alberto Saiz Associated Press Au Canada comme au Québec, le nombre de feux est en diminution depuis plusieurs années grâce aux moyens de prévention.

Ce texte est tiré du Courrier de la planète du 30 août 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.

Les casernes de pompiers forestiers québécois sont bien tranquilles cet été. Le Québec savoure une belle saison durant laquelle il y a très peu de grands feux de forêt. C’est plutôt l’Europe qui y goûte cette année, avec une superficie calcinée qui se dirige vers un record.

Le Québec est chanceux. À peine quelque 235 hectares de forêts, soit 2,35 km2, ont brûlé chez nous cette année. Son climat tempéré le protégera partiellement des feux de forêt dans les années à venir, mais il ne sera pas épargné pour autant. L’inexorable réchauffement climatique et les sécheresses conséquentes augmenteront « considérablement […] le nombre de feux et la superficie brûlée annuellement », surtout dans la deuxième moitié du XXIe siècle, prévient un rapport d’Ouranos.

Mais déjà, les données indiquent que les superficies brûlées chaque année ont doublé au pays depuis le début des années 1970. « Dans l’Ouest américain, ça a quadruplé. Ça pourrait nous rattraper », observe pour Le Devoir le professeur spécialisé en feux de forêt à l’Université Thompson Rivers, Mike Flannigan.
 


Le graphique en dents de scie s’explique par le fait que « 3 % des feux brûlent 97 % de la superficie », selon la sommité canadienne du domaine. « Ce sont vraiment les gros feux qui sont responsables des situations catastrophiques. »

Au Canada comme au Québec, le nombre de feux est en diminution depuis plusieurs années grâce aux moyens de prévention. « Les humains sont responsables de la moitié des feux. Bannir les feux de camp, ça marche. Barrer l’accès aux forêts, ça marche encore mieux, même si les gens n’aiment pas ça », pointe Mike Flannigan.

Aux États-Unis aussi, la météo aide les sapeurs-pompiers cette année.
 


Ce répit risque de n’être que de courte durée. La tendance indique que le réchauffement planétaire réchauffera et asséchera les printemps et les automnes, allongeant les saisons de feux de forêt. La saison des incendies y est en moyenne deux mois et demi plus longue que durant les années 1970. Au Québec, cette saison chaude devrait se rallonger d’un mois d’ici la fin du présent siècle.

En Europe, la situation est particulièrement difficile cette année. Espagne, France, Italie, Portugal, Roumanie… plus de 700 000 hectares ont été ravagés jusqu’à présent dans l’Union européenne. Si la tendance se maintient, le précédent record établi en 2017 devrait être franchi d’ici la fin de l’année, selon des données qui ont commencé à être compilées en 2006.
 


Des solutions existent, note cependant Mike Flannigan. Une surveillance accrue des feux permet de prévenir les gros incendies particulièrement destructeurs. Lorsque les conditions sont réunies pour qu’une telle catastrophe se déclenche (chaleur, sécheresse, vents), les autorités doivent intervenir rapidement à la moindre étincelle. « Si on rate cette fenêtre de 15 à 20 minutes pour éteindre un début de feu de forêt, on a de sérieux problèmes. »

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