Greenpeace exige une loi canadienne sur la biodiversité

Une cycliste circule sur une murale peinte par des membres de Greenpeace à l’intersection du boulevard De Maisonneuve Est et de la rue Saint-Hubert. « Protéger la nature maintenant » est inscrit sur l’oeuvre peinte avec de la peinture écologique en face des bureaux de Steven Guilbeault.
Marie-France Coallier Le Devoir Une cycliste circule sur une murale peinte par des membres de Greenpeace à l’intersection du boulevard De Maisonneuve Est et de la rue Saint-Hubert. « Protéger la nature maintenant » est inscrit sur l’oeuvre peinte avec de la peinture écologique en face des bureaux de Steven Guilbeault.

Une vingtaine de militants de Greenpeace ont bloqué la rue devant les bureaux du ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, jeudi après-midi à la Place Dupuis, à Montréal, pour y peindre une fresque, exigeant une loi canadienne sur la biodiversité. Ils veulent qu’une annonce soit faite en marge de la COP15 de Montréal, prévue pour décembre 2022.

C’est donc la rue Saint-Hubert, à l’angle du boulevard de Maisonneuve Est, qui a été bloquée ce jeudi après-midi. La police de Montréal n’avait pas été prévenue du déroulement de l’événement au préalable. Elle a toutefois accepté, plus tôt aujourd’hui, d’assister les militants dans leurs démarches, et les a aidés à bloquer la rue, le temps qu’ils y peignent une fresque.

Cet effort de mobilisation de Greenpeace fait partie d’une série de démarches que l’organisme entreprend auprès du ministère de l’Environnement et du Changement climatique du Canada, exigeant qu’une loi canadienne encadre la protection de la biodiversité.

« Plus loin et plus vite »

« La COP15, qui aura lieu à Montréal en décembre, est l’occasion parfaite pour le Canada de passer une loi fédérale garantissant la protection de la biodiversité, comme cela se fait déjà avec des lois sur le climat », soutient Salomé Sané, chargée de la campagne Nature et alimentation à Greenpeace Canada.

La porte-parole de l’organisme souhaite aussi des engagements en matière d’inclusion des Autochtones dans la protection de la biodiversité : « On veut qu’une éventuelle loi comprenne un cadre décolonial, c’est-à-dire que des communautés autochtones soient impliquées dès les premières ébauches. »

« Le ministre Guilbeault soutient les appels lancés par les manifestants en faveur d’une action plus énergique pour protéger la nature en vue de la COP15. Nous devons aller plus loin et plus vite dans la protection d’un plus grand nombre d’espaces naturels, car la perte de biodiversité à l’échelle mondiale requiert une attention urgente et constitue un des principaux facteurs de la crise climatique », répond l’attachée de presse du ministre, Kaitlin Power, dans un courriel.

Lorsqu’il avait annoncé la tenue de la COP15 à Montréal, le 22 juin 2022, le ministre Guilbeault avait reconnu que « près de un million d’espèces sont menacées d’extinction sur la planète [et que] le déclin de la biodiversité a de très graves conséquences pour l’humanité, entraînant notamment l’effondrement des systèmes alimentaires, économiques et sanitaires ».

Le Canada s’est donc engagé à protéger 30 % de ses terres et océans d’ici 2023. Pour l’instant, cependant, aucun texte de loi ne garantit l’application de cet engagement. La question sera d’ailleurs débattue à la COP15 de Montréal en décembre. Certains pays souhaiteraient un engagement ferme à cet effet, de la part de tous les 196 États participants, mais cela n’avait pas fait consensus lors d’une rencontre préparatoire à Nairobi en juin dernier.

À voir en vidéo