Quelque chose a-t-il été fait pour améliorer le tri du recyclage à Montréal?

Qu’en est-il des métaux, des plastiques et des papiers que les Montréalais mettent au recyclage chaque semaine en espérant leur donner une seconde vie ?
Jacques Nadeau Archives Le Devoir Qu’en est-il des métaux, des plastiques et des papiers que les Montréalais mettent au recyclage chaque semaine en espérant leur donner une seconde vie ?

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le Courrier de la planète » du 14 juin 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.

Quelque chose a-t-il été fait pour améliorer le tri du recyclage à Montréal depuis les révélations des derniers mois ? se demande Fabienne Vézina.

La Ville de Montréal est à couteaux tirés avec l’entreprise Ricova, qui gère les opérations de recyclage aux centres de tri de Saint-Michel et de Lachine. La semaine dernière, insatisfaite des services fournis, Montréal a d’ailleurs inscrit l’entreprise sur sa liste noire, la rendant ainsi inadmissible à obtenir des contrats durant cinq ans. Elle pourrait même résilier les contrats encore en vigueur, comme le lui recommande le Bureau de l’inspecteur général (BIG).

Mais qu’en est-il des métaux, des plastiques et des papiers que les Montréalais mettent au recyclage chaque semaine en espérant leur donner une seconde vie ? C’est ce qui préoccupe Fabienne Vézina, une lectrice du Courrier de la planète, qui nous a demandé si des améliorations avaient été apportées aux opérations de recyclage après que Ricova eut fait l’objet de nombreuses critiques.

Rappelons que dans un rapport déposé en mars, le BIG avait reproché à l’entreprise d’avoir trompé la Ville et d’avoir gardé pour elle une somme de 20 $ la tonne de matières vendues, ce qui contrevient aux contrats conclus avec la Ville. Bien que Ricova ait rejeté ces allégations, le BIG avait recommandé à la Ville de résilier, le plus rapidement possible, les contrats qui la lient avec l’entreprise.

Un mois auparavant, un reportage de Radio-Canada révélait que de nombreux ballots de papier mixte produits au centre de tri de Saint-Michel étaient contaminés à 25 % par d’autres matières et que certains de ces ballots étaient acheminés en Inde, où ils servaient notamment de combustible pour des usines très polluantes.

Alors, qu’en est-il de la qualité des ballots de papier produits aux centres de tri de Saint-Michel et de Lachine ?

La Ville de Montréal n’a jamais donné suite à nos multiples demandes d’informations. Il faut dire que Ricova l’a menacée de poursuites advenant la résiliation de ses contrats.

Ricova nous a cependant fourni quelques précisions. L’entreprise prend d’ailleurs soin de rappeler qu’elle a repris l’exploitation des centres de tri de Saint-Michel et de Lachine en août 2020, à la suite de la faillite du Groupe TIRU. « Ce sont deux usines de tri en piètre état, et même détériorées, qu’elle a récupérées », nous indique-t-on.

Ricova dit avoir investi plus de 3 millions de dollars dans le centre de tri de Saint-Michel, ce qui a permis de faire passer le taux de contamination des ballots de 35 % à moins de 15 %. Cette réduction a été possible grâce notamment à l’installation de cinq nouvelles trieuses optiques, souligne l’entreprise.

Ricova estime qu’elle pourrait réduire à moins de 10 %, voire 5 %, le taux de contamination des ballots en apportant d’autres améliorations. Elle a d’ailleurs entrepris l’achat de nouveaux équipements au coût de 2 millions de dollars.

Le cas de Lachine est un peu différent, dans la mesure où Ricova n’est pas propriétaire du centre de tri et agit plutôt comme exploitant. L’entreprise allègue que les équipements vendus par Machinex comportent d’importants défauts et dit avoir tenté de régler les problèmes avec le fournisseur, sans succès. Dans le but de trouver une solution, elle s’est tournée vers d’autres fournisseurs. Un nouvel investissement de 4 millions de dollars est aussi prévu, mais encore lui faudra-t-il obtenir le feu vert de la Ville.

Ricova affirme travailler fort pour améliorer la performance des deux centres de tri de Montréal. « Cependant, il n’y a pas de magie dans les centres de tri et la qualité du recyclage dépend aussi du volume et de la matière reçue. C’est pourquoi les Montréalais peuvent faire confiance aux centres de tri et doivent poursuivre leurs efforts de tri en amont, ils ont un rôle essentiel dans la qualité du recyclage. »

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