Reproduire la vie, une fleur à la fois

Espace pour la vie Collaboration spéciale
Sais-tu qu’il existe 200 000 espèces pollinisatrices dans le monde? Ici, on aperçoit un bourdon fébrile.
Photo: Diane Özdamar/Insectarium de Montréal Sais-tu qu’il existe 200 000 espèces pollinisatrices dans le monde? Ici, on aperçoit un bourdon fébrile.

Ce texte fait partie du cahier spécial Le Petit D

Sais-tu que ton bol de céréales ou ta confiture de fraises préférée, tu les dois aux insectes ? Plus précisément aux insectes pollinisateurs, qui transportent le pollen d’une plante à une autre.

Tu as peut-être vu au printemps les arbres disperser leurs graines à tout vent, ou des nuages jaunes de pollen balayer l’air. C’est leur truc pour se reproduire. Pour la plupart des arbres et arbustes à fruits, et pour plusieurs légumes, le vent, c’est bien, mais le butinage des insectes, c’est encore mieux pour la reproduction.

Les aventures de l’abeille

L’abeille travaille fort pour nourrir sa colonie. Elle passe ses journées à visiter des fleurs en quête de nectar. Sans le savoir, elle joue à Cupidon. Lorsqu’elle récolte le nectar au creux d’une fleur, du pollen s’accroche à ses petites pattes et à ses poils. Cette poudre, c’est l’outil de reproduction mâle des fleurs. En volant d’une plante à l’autre, l’abeille répand au passage le pollen sur le pistil, l’organe femelle de la fleur. Voilà, la fleur est fécondée ! Et de celle-ci poussera un fruit.

Photo: Diane Özdamar/Insectarium de Montréal Une abeille avec du pollen accroché à ses pattes et à ses poils

Les scientifiques estiment que quatre plantes à fleurs sur cinq ont besoin des insectes pollinisateurs pour produire leurs fruits et leurs graines. En d’autres mots, sans l’abeille et ses amis, il n’y aurait pas de pommes, pas de poires, ni de tomates ou de basilic, ou encore de chocolat, puisque les fèves de cacao poussent dans un arbre à fruits. Les cultures de céréales aussi bénéficient de la pollinisation par les insectes. Impressionnant pour de si petites bêtes !

Les abeilles ne sont pas les seules

 

Mais sais-tu qu’il existe 200 000 espèces pollinisatrices dans le monde ? Cela inclut certains oiseaux, comme le colibri, aussi appelé oiseau-mouche (tiens, tiens, mi-oiseau, mi-insecte, il n’y a peut-être pas de hasard !). Tout de même, 99 % des pollinisateurs sont des insectes. À part les abeilles, il y a les bourdons et les guêpes, mais aussi les papillons, les mouches, les fourmis et les coléoptères.

Si on veut continuer à cultiver des aliments et à cuisiner avec des épices, si on veut que les animaux sauvages puissent se nourrir, il faut protéger ces insectes. C’est pourquoi des règlements ont été adoptés afin de diminuer l’utilisation d’insecticides et d’herbicides. Tu as peut-être aussi remarqué, dans ton quartier, qu’on laisse pousser plus librement pissenlits et hautes herbes. Nos amis les insectes peuvent donc se nourrir et déposer leurs œufs en toute sécurité. En retour, nous profitons de leurs activités de pollinisation. Une solution donnant-donnant.

Viens voir le Jardin des pollinisateurs

 

Pour fêter l’ouverture de son nouveau Jardin des pollinisateurs, l’Insectarium de Montréal invite le public à voir les insectes autrement grâce à une installation artistique originale. Parles-en à tes parents. Cette activité saura piquer la curiosité de toute la famille. Du 22 juin au 3 juillet.

Transforme-toi en détective

L’été, c’est la saison des vacances et des fleurs. Profites-en pour voir la pollinisation à l’oeuvre. Ce qu’il te faut ? De la curiosité, du temps et te trouver parmi les fleurs, bien entendu ! En prenant soin d’éviter les mouvements brusques, voici ce que tu pourrais observer :

Le bourdon aime faire son marché, particulièrement dans les fleurs bleues ou violettes. Vois-tu deux grosses boules jaunes sur ses pattes arrière, qu’il traîne comme des sacs d’épicerie ? C’est là, dans des corbeilles logées le long de ses pattes, qu’il stocke son pollen.

Le papillon de jour aime les fleurs, surtout celles qui sont jaunes, rouges ou bleues. Avec sa trompe fine et allongée que l’on appelle « proboscis », il peut aspirer le nectar logé au fond des fleurs. Il savoure ainsi de petits cocktails sucrés. C’est pratique d’avoir une paille !

Le syrphe est un véritable glouton. C’est un grand avantage pour la pollinisation. Cette mouche imite le pelage de la guêpe pour confondre les prédateurs, mais toi, tu sauras la démasquer grâce à son vol distinctif : avec son battement d’ailes ultrarapide, elle fait du surplace comme un colibri.

La mégachile est une pollinisatrice professionnelle. Cette abeille trapue à tête large doit récolter du nectar et du pollen pour nourrir ses larves. Grâce à la brosse à pollen qu’elle possède à l’abdomen, elle récolte la poudre puis la détache une fois rentrée au nid. Un véritable velcro ambulant !

 

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