La vague de chaleur de 2021 dans l’Ouest parmi les «plus extrêmes» jamais enregistrées

À Lytton, un village britanno-colombien devenu symbolique de la crise climatique, la température frôla les 50°C à l’été 2021, avant que la municipalité ne soit carrément rasée par les flammes.
Darryl Dyck La Presse canadienne À Lytton, un village britanno-colombien devenu symbolique de la crise climatique, la température frôla les 50°C à l’été 2021, avant que la municipalité ne soit carrément rasée par les flammes.

La vague de chaleur qui a frappé l’Ouest nord-américain l’an dernier était, en termes statistiques, l’une des plus intenses jamais enregistrées dans le monde, selon une étude parue mercredi.

Fin juin 2021, un « dôme de chaleur » d’une intensité rarissime poussait le mercure à des températures jamais vues au Canada. À Lytton, un village devenu symbolique de la crise climatique, la température a frôlé les 50 °C, avant que la municipalité ne soit carrément rasée par les flammes.

Des chercheurs britanniques confirment maintenant que cette vague de chaleur est, relativement à la climatologie de la région touchée, l’un des six événements « les plus extrêmes » survenus sur la planète depuis 1960.

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont d’abord analysé la distribution des températures lors des trois mois les plus chauds de l’année dans une région englobant le sud-ouest de la Colombie-Britannique et une partie des États de Washington et de l’Oregon.

Ils ont par la suite constaté que le maximum régional (39,5 °C) du 29 juin 2021 était bien au-delà de la moyenne de la dernière décennie (23,4 °C). Plus précisément, elle se situait à 3,6 écarts-types de la moyenne (l’écart-type est une mesure de la dispersion typique d’une distribution de données).

Appliquant la même méthodologie à l’ensemble de la planète, ils ont trouvé seulement cinq autres vagues de chaleur qui sortaient tout autant de l’ordinaire. Des huit événements classés comme extrêmes, quatre sont survenus en Amérique du Nord, et trois dans les trois dernières années (en Alaska en 2019, au Brésil en 2020 et au Canada en 2021).

« Les extrêmes de chaleur sont un élément naturel de notre système climatique, mais ils deviennent plus chauds et plus longs en raison du changement climatique provoqué par l’humain », écrit Vikki Thompson, de l’Université de Bristol, qui signe avec une poignée de collègues cet article paru dans Science Advances.

Les scientifiques répondent à une autre question dans leur papier : est-ce que les vagues de chaleur vont devenir de plus en plus intenses par rapport à la température moyenne qui, elle, augmentera de quelques degrés d’ici la fin du siècle ?

La réponse est en quelque sorte rassurante : selon eux, les vagues de chaleur ne seront pas plus exceptionnelles, par rapport à la climatologie de la dernière décennie, qu’elles ne le sont présentement. Leur intensité va suivre l’augmentation de la température, mais sans plus.

« Nos résultats confirment les conclusions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) voulant qu’il y ait des changements dans les extrêmes, mais que ces décalages dans les températures extrêmes soient explicables par un décalage de la moyenne », soulignent-ils.

Néanmoins, la moyenne bouge vite. Si les pires scénarios d’émissions de gaz à effet de serre se concrétisent, en Colombie-Britannique, une vague de chaleur telle que celle de 2021 surviendra tous les six ans en 2080.

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