Des immeubles plus verts à Montréal d’ici 2030

Ivanhoé Cambridge, qui possède notamment la Place Ville-Marie (en photo), promet de réduire de 55 % les GES de ses bâtiments d’ici huit ans.
Graham Hughes La Presse canadienne Ivanhoé Cambridge, qui possède notamment la Place Ville-Marie (en photo), promet de réduire de 55 % les GES de ses bâtiments d’ici huit ans.

La Place Ville-Marie et l’hôtel Reine-Elizabeth veulent virer au vert. Invanhoé Cambridge, le bras immobilier de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a profité de la tenue du premier Sommet climat Montréal, mardi, pour faire savoir son intention de réduire de 55 % des émissions de gaz à effets de serre (GES) de ses bâtiments montréalais d’ici 2030, comparé à 2017.

Ivanhoé Cambridge possède une trentaine d’immeubles dans la métropole, parmi lesquels l’édifice Jacques-Parizeau, le Centre Eaton, les Galeries d’Anjou, la Place Montréal Trust, la Place Ville-Marie et le Reine-Elizabeth, ces deux derniers étant les plus grands émetteurs de GES du parc immobilier de l’entreprise. Plusieurs bâtiments sont alimentés par le gaz naturel et seront convertis à l’électricité.

Mais ses actifs ne se limitent pas à ses immeubles montréalais. Ivanhoé Cambridge compte quelque 1200 immeubles sur quatre continents et pour ce parc immobilier, l’entreprise vise une décarbonation complète d’ici 2040. « Ce qui est durable sera rentable », a fait valoir Élise Proulx, cheffe du Développement économique chez Ivanhoé Cambridge. « Les gens vont souhaiter habiter, être dans les centres commerciaux et des tours à bureaux qui sont efficaces sur le plan énergétique et qui sont durables. »

Le plan prévoit une réduction de la consommation énergétique, la récupération et réutilisation de la chaleur résiduelle et l’électrification de l’ensemble des systèmes d’éclairage et de chauffage.

Cet engagement a été pris alors que se déroulait la première édition du Sommet climat Montréal qui a réuni près de 500 participants, mardi, au Marché Bonsecours. Parmi les sujets au menu des discussions : la transition écologique, l’accélération de la mise en place d’actions pour lutter contre les changements climatiques, l’écofiscalité et l’électrification des transports.

Dans le cadre de ce sommet, la Ville de Montréal a d’ailleurs annoncé son intention de ne plus autoriser de systèmes de chauffage aux énergies fossiles pour les nouveaux bâtiments à compter de 2024. Elle a aussi devancé d’une décennie, à 2040, son objectif de voir l’ensemble du parc immobilier de la métropole alimenté par des énergies renouvelables.

Être ministre de l’Environnement

La mairesse Valérie Plante ainsi que le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, et son homologue québécois, Benoit Charette, ont participé à l’événement en matinée. « Je suis un activiste et un militant écologiste », a expliqué Steven Guilbeault à l’auditoire. « J’agis et je ne cesserai jamais de le faire. Aujourd’hui toutefois, je dois représenter l’ensemble de la population canadienne et accepter que je ne pourrai gagner toutes mes batailles. Vous êtes déçus de la décision de Bay du Nord, je le sais. »

À l’extérieur du marché Bonsecours, des manifestants de diverses organisations dont la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) ont d’ailleurs dénoncé bruyamment l’approbation du projet Bay du Nord par le gouvernement fédéral. Ils ont également déploré le coût élevé des billets pour participer au Sommet climat Montréal, soit 150 $ pour les organismes à but non lucratif.

Le Sommet climat Montréal, qui en était à sa première édition, était organisé par le Partenariat Climat Montréal mis sur pied par des fondations philanthropiques avec la collaboration de la Ville de Montréal. Ce Partenariat rassemble une centaine de d’organisations montréalaises du milieu économique, communautaire et institutionnel.

Léa Stréliski, qui agissait comme maîtresse de cérémonie du Sommet, n’a pas manqué de rappeler l’urgence climatique avec un humour grinçant. Au sujet des fonctions de ministre de l’Environnement, elle a eu ces commentaires : « Avant, être ministre de l’Environnement, c’est comme être le ministre des fleurs. En 2022, c’est : Allô ! La planète brûle. Voici ta job. On te regarde. »

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