Un «travail de communication» reste à faire dans le dossier du nickel, selon Charette

«On est toujours confiant du bien-fondé de notre décision, a répété le ministre Charrette. Est-ce qu’on va rallier tout le monde à cette décision-là? Ça reste à voir.»
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne «On est toujours confiant du bien-fondé de notre décision, a répété le ministre Charrette. Est-ce qu’on va rallier tout le monde à cette décision-là? Ça reste à voir.»

Le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charrette, n’en démord pas : l’allégement de la norme de nickel dans l’air s’appuie sur des « études indépendantes » qui confirment qu’« il n’y a pas d’enjeu au niveau de la santé de la population. » Si certains en doutent, c’est qu’un « travail de communication » reste à faire.

« On est toujours confiant du bien-fondé de notre décision, a répété le ministre Charrette lors d’un impromptu de presse, mardi. Est-ce qu’on va rallier tout le monde à cette décision-là ? Ça reste à voir. »

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) avait annoncé, au printemps, son intention de quintupler la norme quotidienne du taux de nickel permis dans l’air, soit de la faire passer de 14 ng / m3 à 70 ng / m3.

L’adhésion paraît loin d’être acquise à Québec, où les élus ont rejeté d’une voix unanime la nouvelle norme défendue par le gouvernement caquiste. Dans les quartiers centraux comme Limoilou et Saint-Roch, déjà soumis à de nombreux polluants en provenance du port et de l’incinérateur, une importante mobilisation citoyenne fait entendre son opposition à l’ajout de nickel dans l’atmosphère.

« Ce qu’on décode, ce sont des gens qui sont inquiets pour la qualité de l’air en général dans leur environnement, et pas spécifiquement par rapport au nickel », maintient le ministre de l’Environnement. « La santé publique est venue dire qu’il n’y avait pas d’enjeu au niveau de la santé de la population », a insisté M. Charrette.

Dans une lettre ouverte partagée mardi, Véronique Lalande, une citoyenne de Limoilou devenue le visage de la mobilisation citoyenne contre l’allégement de la norme de nickel, a imploré le directeur régional de santé publique, Dr André Dontigny, d’endosser le rôle de « rempart ultime contre les pressions des intérêts industriels. »

« Les plus vulnérables, les plus démunis, les plus humbles doivent pouvoir compter sur un directeur de la santé publique qui n’hésite jamais à prendre position pour les protéger », écrit Mme Lalande.

La militante d’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec craint que le gouvernement utilise la position nuancée du directeur régional pour cautionner son allégement contesté. « On vous fera porter l’odieux », conclut Mme Lalande.

Le ministre Charrette, lui, rappelle que le nouveau règlement est encore susceptible d’être modifié. « La consultation n’est pas terminée, a-t-il indiqué à propos de la période d’examen qui prend fin le 20 février. Je n’ai jamais vu de projets de règlement […] édictés sans avoir été bonifiés. Donc la consultation sert à quelque chose, ce n’est pas un exercice qui est vain. »

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