Laval agrandit le refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles

Les 432 lots qui viendront agrandir le refuge sont des propriétés municipales.
Photo: Jon Bord Les 432 lots qui viendront agrandir le refuge sont des propriétés municipales.

Laval entend multiplier par vingt la superficie du refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles, avec l’ajout de 568 hectares de terrains municipaux qui bénéficieront d’un statut de protection reconnu par Québec.

En campagne électorale, le maire, Stéphane Boyer, s’était engagé à agrandir le refuge faunique créé en 1998, qui couvre 26 hectares et qui inclut dix îles appartenant aux villes de Laval et de Rosemère ainsi qu’à l’organisme sans but lucratif Éco-Nature. Selon la Ville, le site deviendra l’un des plus grands refuges fauniques en milieu urbain au Québec.

« C’est un beau projet, qui me tenait à cœur, et je suis content qu’on puisse le livrer assez rapidement après l’élection. C’est quelque chose qui va rester en place pour des générations à venir », a souligné Stéphane Boyer en entrevue au Devoir.

Les 432 lots qui viendront agrandir le refuge sont des propriétés municipales. De ce nombre, on compte les îles aux Vaches et Saint-Pierre, que la Ville de Laval avait acquises en octobre 2020 pour 21,9 millions de dollars avec la contribution du gouvernement du Québec à la suite d’une longue saga. Le projet inclut aussi l’île Locas, dont la Ville devrait conclure l’acquisition sous peu. À elles seules, ces trois îles représentent 166 hectares.

Les îles et les terrains qui formeront le refuge faunique sont disséminés le long de la rivière des Mille-Îles et ne sont pas tous reliés entre eux. Le maire Boyer n’écarte cependant pas la possibilité d’accroître la superficie des aires protégées dans les prochaines années. « S’il y a d’autres acquisitions — il y en a d’autres, j’en suis certain —, ça ne nous empêchera pas de les annexer au refuge », dit-il.

L’organisme Éco-Nature, déjà gestionnaire du parc de la Rivière-des-Mille-Îles, travaille depuis 2009 au projet d’agrandissement, et c’est lui qui assurera la gestion du refuge faunique.

Le statut de protection, qui vise à protéger la biodiversité, permet des aménagements récréotouristiques. Une fois le feu vert du gouvernement obtenu pour l’agrandissement du refuge, la Ville devra adopter un règlement pour déterminer quelles activités pourront y être permises, indique Stéphane Boyer. La Ville aura la possibilité d’aménager des sentiers. Elle pourra, par exemple, autoriser du camping sur une île ou, au contraire, l’interdire.

568
C’est le nombre ajouté d’hectares de terrains municipaux qui bénéficieront d’un statut de protection reconnu par Québec.

Comme les terrains appartiennent déjà à la municipalité, l’agrandissement du refuge faunique ne représente pas d’investissements supplémentaires importants pour la Ville, selon M. Boyer.

Le comité exécutif a approuvé le projet d’agrandissement mercredi et le conseil municipal sera appelé à se prononcer sur le dossier mardi prochain. Il restera cependant au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs à donner son accord au projet.

Selon la Ville de Laval, 350 espèces animales ont été répertoriées sur le territoire visé, dont 92 sont des espèces désignées ou susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables, parmi lesquelles la couleuvre tachetée, le faucon pèlerin, la tortue géographique et le petit blongios.

Quant à l’île Saint-Joseph, que Laval avait tenté d’acheter en même temps que les îles aux Vaches et Saint-Pierre il y a quelques années, un litige subsiste entre la Ville et le propriétaire, Luigi Liberatore, qui souhaite y faire du développement immobilier. Stéphane Boyer n’a pas voulu commenter le dossier. « Mais c’est certain qu’il risque d’y avoir des pourparlers entre la Ville et le promoteur dans les prochains mois », s’est-il limité à dire.

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