Production record de charbon en Chine

La Chine a produit plus de quatre milliards de tonnes de charbon en 2021, dans un contexte de croissance de la demande pour ce combustible fossile.
Photo: Greg Baker Agence France-Presse La Chine a produit plus de quatre milliards de tonnes de charbon en 2021, dans un contexte de croissance de la demande pour ce combustible fossile.

La Chine a battu un record de production de charbon en 2021, dans un contexte de forte demande énergétique mondiale. L’urgence de la crise climatique devrait pourtant faire de l’élimination du charbon une priorité, a plaidé mardi le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, en rappelant que les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont toujours en croissance.

Poussée par la relance de l’économie et un rebond de la demande énergétique, la production de charbon en Chine a atteint un sommet historique en 2021, avec plus de quatre milliards de tonnes exploitées, selon les données gouvernementales. Il s’agissait d’une hausse de 4,7 % par rapport à 2020, une augmentation qui s’inscrit dans un contexte de croissance de 9 % de la demande internationale de charbon pour la production d’électricité en 2021.

Selon un rapport publié plus tôt en janvier par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) imputables à la production d’électricité ont d’ailleurs augmenté de 7 % en 2021, par rapport à 2020. Au total, la production mondiale d’électricité a reposé à 62 % sur les énergies fossiles l’an dernier, dont 36 % pour le seul charbon. En tout, 28 % de l’électricité a été produite à partir d’énergies renouvelables, et environ 10 % grâce au nucléaire, selon l’AIE.

L’AIE prévoit toutefois une croissance moyenne de 8 % par an de la production d’électricité à partir de sources renouvelables de 2022 à 2024, si bien que ces sources pourraient compter pour 32 % de la production mondiale d’électricité en 2024.

Fin du charbon

Dans la foulée de la publication des plus récentes données sur l’énergie, António Guterres a prévenu mardi que la réduction de l’utilisation du charbon devait être une priorité climatique pour les États, dans le cadre d’un discours au Forum économique mondial, qui se tient en mode virtuel.

Le Secrétaire général de l’ONU a ainsi souligné l’importance de ne pas construire de nouvelles centrales au charbon, alors que plusieurs nouveaux projets sont toujours en développement dans le monde. Dans un message adressé le 15 janvier aux membres de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, le chef de l’ONU a appelé à l’abandon progressif du charbon dans les pays de l’OCDE d’ici 2030, et d’ici 2040 pour le reste du monde.

62%
C’est le pourcentage de la production mondiale d’électricité qui a reposé sur les énergies fossiles l’an dernier, dont 36 %  sur le charbon.

Dans le cadre de la plus récente conférence de l’ONU sur le climat (COP26), les pays ne sont d’ailleurs pas parvenus à s’entendre sur le libellé d’un article de la déclaration finale qui abordait l’enjeu du charbon. À la demande de l’Inde et la Chine, le texte a été modifié pour évoquer la nécessité de poursuivre les efforts en vue de « réduire » le recours au charbon sans système de capture et de stockage des émissions de gaz à effet de serre, au lieu de miser sur l’« élimination ».

Qui plus est, la mention de la fin des « subventions aux énergies fossiles » avait été auparavant modifiée dans la seconde version du projet de déclaration, de façon à préciser qu’il est question uniquement des subventions dites « inefficaces ».

Réchauffement en cours

Sans une réduction majeure de l’utilisation d’énergies fossiles, dont le charbon, il sera impossible de respecter les objectifs de l’Accord de Paris, a insisté M. Guterres. Dans un rapport publié l’an dernier, l’AIE soulignait d’ailleurs l’importance d’abandonner dès maintenant tout nouveau projet d’exploration et d’exploitation d’énergies fossiles : gaz naturel, pétrole et charbon.

Pour espérer limiter le réchauffement planétaire à +1,5 °C, par rapport à l’ère préindustrielle, il faudrait réduire les émissions mondiales de GES d’au moins 45 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 2010.

Selon l’ONU, les émissions sont plutôt sur une trajectoire de croissance de 14 % d’ici la fin de la décennie. Et selon la plus récente mise à jour des « contributions déterminées au niveau national », soit les engagements volontaires pris par les États, le monde se dirige toujours vers un réchauffement d’au moins +2,7 °C, voire 2,2 °C, à supposer que toutes les promesses politiques de « carboneutralité » à l’horizon 2050 soient respectées.

Le réchauffement atteint désormais 1,2 °C, une situation qui provoque déjà « des conséquences dévastatrices », selon M. Guterres. Au cours des deux dernières décennies, le coût économique des catastrophes liées au climat a augmenté de 82 %, a-t-il souligné mardi.

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