L’expansion contestée de la canalisation 3 d’Enbridge est terminée

La portion de la canalisation au Minnesota a été la dernière à être complétée. Dans cet État, Enbridge s’est heurtée à l’opposition de groupes environnementaux et autochtones, qui ont contesté la canalisation devant les tribunaux, en vain.
Photo: Kerem Yucel Agence France-Presse La portion de la canalisation au Minnesota a été la dernière à être complétée. Dans cet État, Enbridge s’est heurtée à l’opposition de groupes environnementaux et autochtones, qui ont contesté la canalisation devant les tribunaux, en vain.

La pétrolière Enbridge a annoncé mercredi que son nouveau pipeline Ligne 3 sera en mesure de transporter du pétrole des sables bitumineux vers les États-Unis dès vendredi. Ce projet d’expansion avait été approuvé par le gouvernement Trudeau, mais il a été vivement contesté par des écologistes et des Premières Nations.

Dans un communiqué publié mercredi, la pétrolière albertaine a fait valoir que tout le nouveau pipeline de 1660 km, qui va de l’Alberta au Wisconsin en passant par le Minnesota, est en voie d’être prêt à transporter du pétrole brut. Selon le p.-d.g. d’Enbridge, Al Monaco, ce projet a été conçu « pour le bénéfice » des communautés, de l’environnement et des clients de l’entreprise.

La Ligne 3 consistait auparavant en un pipeline construit dans les années 1960 dont la capacité de transport quotidienne s’élevait, au mieux, à 390 000 barils. La nouvelle canalisation permettra pour sa part d’en exporter près du double, soit 760 000 barils par jour (277 millions de barils par an). À titre de comparaison, le projet d’expansion du pipeline Trans Mountain, qui sera achevé en 2023, transportera 890 000 barils par jour (325 millions de barils par an).

Approuvé par Ottawa

 

À l’instar du projet Trans Mountain, le projet d’expansion de la Ligne 3 a été approuvé en 2016 par le gouvernement de Justin Trudeau. Le premier ministre avait alors dit que l’approbation de ces projets s’inscrivait dans la volonté d’Ottawa de « prendre les bonnes décisions dans l’intérêt du pays ».

À la fin de 2020, au moment où Enbridge recevait les dernières autorisations nécessaires pour terminer certains tronçons du nouveau pipeline en sol américain, le gouvernement Trudeau avait de nouveau salué la réalisation de ce projet.

 

« La Ligne 3 constitue un lien vital avec le Minnesota, le Wisconsin et d’autres marchés de raffinage nord-américains », avait alors indiqué le cabinet du ministre des Ressources naturelles, Seamus O’Regan, dans un courriel au Devoir

L’industrie pétrolière canadienne a souvent critiqué le manque d’infrastructures pour exporter une production qu’elle souhaite croissante au cours des prochaines années.

« Ce projet de remplacement montre comment de bons projets peuvent aller de l’avant lorsque nous travaillons en partenariat avec les peuples autochtones et que nous prenons des mesures concrètes pour protéger l’environnement », avait également indiqué le bureau du ministre O’Regan.

Le projet a toutefois été vivement contesté par des organisations environnementales aux États-Unis, celles-ci évoquant les impacts climatiques de l’exploitation des sables bitumineux. D’autres, dont des Premières Nations, ont contesté le projet en soutenant que celui-ci représente un risque pour la protection du territoire et des ressources en eau.

Plus de 900 personnes ont été arrêtées au cours des derniers mois dans le cadre d’une campagne d’opposition à la construction du nouveau pipeline Ligne 3 aux États-Unis. Les opposants ont aussi tenté, en vain, de convaincre le président Joe Biden de stopper le projet, comme il l’a fait pour le pipeline Keystone XL de TC Energy.



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