Trudeau promet que le pipeline Trans Mountain sera construit

Il n’est pas question d’empêcher la construction du pipeline Trans Mountain, a ajouté le premier ministre Trudeau.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Il n’est pas question d’empêcher la construction du pipeline Trans Mountain, a ajouté le premier ministre Trudeau.

Même si la Colombie-Britannique s’oppose fermement à la construction du pipeline Trans Mountain, le premier ministre Justin Trudeau promet que le projet de transport de pétrole albertain sera construit.

« Je ne vais pas me prononcer sur les désaccords entre les provinces dans ce dossier », a-t-il affirmé d’entrée de jeu, dans le cadre d’une entrevue accordée jeudi à l’antenne de la CBC.

M. Trudeau faisait ainsi référence au différend qui oppose l’Alberta et la Colombie-Britannique, à la suite de la décision de cette dernière d’imposer des restrictions sur la hausse du trafic pétrolier maritime le long de la côte ouest. Une telle mesure pourrait bloquer la réalisation du projet Trans Mountain.

Or, il n’est pas question d’empêcher la construction de ce pipeline, a ajouté le premier ministre canadien. « Nous allons seulement réitérer que la décision que nous avons prise était dans l’intérêt national et que nous allons maintenir cette décision, ce qui signifie que nous allons faire en sorte que le pipeline Trans Mountain soit construit. »

Intérêt national

 

Selon ce qu’a également fait valoir Justin Trudeau, le rôle du gouvernement fédéral est de voir à « l’intérêt national », et ce, au-delà des désaccords qui peuvent exister entre les provinces. Dans le cas du pipeline de Kinder Morgan, l’Alberta évoque même l’idée de représailles économiques, voire des procédures judiciaires, afin d’assurer la réalisation de ce projet essentiel pour la croissance de l’industrie pétrolière.

Justin Trudeau est lui aussi d’avis que le transport du pétrole des sables bitumineux vers les marchés du Pacifique est « absolument essentiel », selon ce qu’il a réaffirmé jeudi.

Depuis l’élection de son gouvernement, le chef libéral a défendu à plusieurs reprises l’exploitation des énergies fossiles au Canada. L’an dernier, il a d’ailleurs été le conférencier vedette d’un événement qui a réuni, au Texas, les principales multinationales des énergies fossiles. À cette occasion, il a affirmé qu’« aucun pays ne trouverait 173 milliards de barils de pétrole pour simplement les laisser enfouis dans le sol », en référence aux réserves des sables bitumineux.

400 pétroliers

 

Avec le projet Trans Mountain, Kinder Morgan souhaite faire passer la capacité quotidienne d’un réseau existant de transport de pétrole de 300 000 à 890 000 barils. Le pipeline aboutira dans la région de Vancouver, où plus de 400 pétroliers seront chargés chaque année pour exporter le pétrole albertain vers le marché asiatique.

Le gouvernement de Justin Trudeau a approuvé le projet de pipeline d’exportation en novembre 2016. Kinder Morgan tarde cependant à concrétiser son projet d’exportation de pétrole des sables bitumineux. En raison de l’opposition particulièrement vive en Colombie-Britannique, elle peine en effet à obtenir certaines autorisations pour la construction de portions terrestres de son projet. Selon une évaluation récente, le transport de brut ne débuterait pas, dans le meilleur des cas, avant décembre 2020.

L’industrie des énergies fossiles pèse par ailleurs de plus en plus lourd dans le bilan canadien des gaz à effet de serre (GES). Les plus récentes données fédérales indiquent que le secteur pétrolier et gazier compte pour 26 % des émissions de GES du pays. Il devance donc les transports, qui se situent à 24 %.

Qui plus est, depuis 1990, les émissions de l’exploitation de pétrole et de gaz ont augmenté de 76 %. Les émissions de GES provenant de l’extraction des sables bitumineux ont quant à elles plus que quadruplé.

Notley hausse le ton dans le différend sur l’oléoduc Trans Mountain

La première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, a affirmé jeudi que son gouvernement suspendait les discussions avec la Colombie-Britannique sur l’achat d’électricité dans cette province.
 

Mme Notley a indiqué qu’il s’agissait de la première étape dans le combat de l’Alberta contre les gestes d’obstruction du gouvernement de la Colombie-Britannique face au projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan.
 

Elle a soutenu que cela mettait en péril 500 millions $ dans les coffres du gouvernement de la Colombie-Britannique.
 

Mme Notley a dit s’être entretenue par téléphone avec le premier ministre Justin Trudeau, jeudi, concernant l’oléoduc, et a appelé le gouvernement fédéral à mettre fin à la dispute.


La première ministre de l’Alberta a affirmé que le gouvernement fédéral devait être clair sur ce qu’il compte faire pour s’assurer que l’expansion de l’oléoduc ira de l’avant.
 

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a indiqué vouloir restreindre les livraisons de bitume dilué le long des côtes de la province jusqu’à ce qu’il puisse déterminer que les transporteurs sont en mesure de nettoyer adéquatement un éventuel déversement.
 

« Nous sommes prêts à faire ce qu’il faut pour que cet oléoduc soit construit — tout ce qu’il faut », a affirmé Mme Notley, jeudi, en conférence de presse.
 

Mme Notley a laissé entendre que la Colombie-Britannique avait le droit de réglementer le nettoyage de déversements de pétrole, mais qu’elle ne pouvait pas dicter ce qui transite ou ne transite pas dans les oléoducs.
 

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, a déclaré que son gouvernement avait consulté les gouvernements fédéral et de l’Alberta, et qu’il voulait simplement « réglementer pour protéger l’intérêt public ».

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