Les incendies participent au réchauffement

En brûlant, les centaines de kilomètres carrés de forêt boréale qui partent en fumée, de même que le sol qui soutient cette végétation, libèrent les gaz à effet de serre qu’ils contribuaient auparavant à stocker.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne En brûlant, les centaines de kilomètres carrés de forêt boréale qui partent en fumée, de même que le sol qui soutient cette végétation, libèrent les gaz à effet de serre qu’ils contribuaient auparavant à stocker.

En plus des effets dévastateurs de plus en plus visibles des violents incendies qui font rage dans la région de Fort McMurray, ce type de brasier entraîne le relâchement d’importantes quantités de carbone dans l’atmosphère, ce qui contribue au réchauffement climatique. Un phénomène appelé à prendre de l’ampleur dans les décennies à venir.

En brûlant, les centaines de kilomètres carrés de forêt boréale qui partent en fumée, de même que le sol qui soutient cette végétation, libèrent les gaz à effet de serre qu’ils contribuaient auparavant à stocker, explique Hugo Asselin, professeur titulaire de la Chaire de recherche du Canada en foresterie autochtone à l’UQAT.

Effet à court et moyen terme

À titre d’exemple, le carbone accumulé dans le sol et les tourbières pendant des siècles peut être libéré « instantanément » lors d’un incendie, ajoute le coauteur d’un article scientifique portant justement sur les impacts de la hausse des incendies de forêt boréale sur les dérèglements climatiques.

Autre impact des incendies : la destruction de « puits de carbone ». En effet, non seulement le feu fait-il disparaître des forêts matures et un substrat qui a mis beaucoup à temps à se former, mais ces vastes régions naturelles prendront aussi énormément de temps à se reconstituer. Elles mettront donc beaucoup de temps à redevenir des capteurs de carbone.

Au final, souligne Hugo Asselin, « les feux ont un effet de réchauffement climatique à court et moyen terme ». Et si on constate déjà une croissance des incendies de forêt dans l’Ouest canadien, soumis aux effets des bouleversements du climat, le phénomène devrait fort prendre de l’ampleur dans les décennies à venir. M. Asselin prédit donc un « effet encore plus fort » sur le climat dans les années à venir.

Pas de chiffres précis

Il demeure toutefois impossible de mesurer avec précision les émissions découlant de ces incendies gigantesques. « On ne sait pas ce qu’il y avait avant que ça brûle, en matière de volume de bois ou de quantité de sols. On pourrait faire un calcul théorique, mais ce serait une approximation relativement grossière », fait valoir le chercheur.

Même chose pour l’impact sur la santé humaine, particulièrement pour un feu qui fait rage dans une région éloignée, et donc peu peuplée, ou encore dans ce cas-ci, une région qui a été évacuée pour la sécurité de la population. Lorsque les panaches de fumée atteignent des régions habitées, ceux-ci peuvent toutefois entraîner des alertes au smog. Ce fut notamment le cas dans le sud du Québec en juin 2010, alors que d’intenses incendies de forêt faisaient rage dans le nord de la province.

Il est impossible de mesurer avec précision les émissions découlant des incendies de forêt.



À voir en vidéo