L’implication des villes pourrait représenter des économies de 1700 milliards de dollars

L’application des recommandations des experts entraînerait une réduction des GES de 3,7 gigatonnes de CO2 par année à l’échelle mondiale.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne L’application des recommandations des experts entraînerait une réduction des GES de 3,7 gigatonnes de CO2 par année à l’échelle mondiale.

La décarbonisation des centres urbains pourrait générer des économies colossales et une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, mais il faudrait notamment que les villes soient plus nombreuses à se joindre au Compact of Mayors, dont Montréal est membre depuis le mois d’avril dernier.

La Commission mondiale sur l’économie et le climat, un forum d’experts comprenant l’économiste britannique Nicholas Stern et l’ex-président mexicain Felipe Calderón, calcule que des investissements visant à améliorer le transport en commun et l’efficacité énergétique des villes entraîneraient des économies de 1700 milliards de dollars.

Le rapport, dont Le Devoir a obtenu copie et qui sera publié aujourd’hui, établit des scénarios afin de tenir compte du coût des investissements, de l’impact sur la réduction des émissions de GES et du nombre d’années requises avant que l’investissement soit complètement rentabilisé. Par exemple, les sommes investies dans le secteur du transport se rentabilisent sur une période d’environ 12 ans.

La réduction des GES qui découlerait d’un tel élan pourrait atteindre 3,7 gigatonnes de CO2 par année. Cela représente environ 10 % des émissions mondiales actuelles.

« L’analyse est très conservatrice », écrivent les sept auteurs du rapport en faisant référence aux économies de 1700 milliards d’ici 2050. « Avec l’appui des gouvernements et des organisations internationales, ça pourrait augmenter de façon significative, et la période de rentabilisation pourrait être réduite de beaucoup. »

Engagement des villes

 

Créé par l’ONU en 2014, le Compact of Mayors compte près d’une centaine de villes signataires. Celles-ci sont invitées à décrire leur engagement, leur objectif et le plan d’action qui sera mis en place. La fiche de Montréal, par exemple, indique que la ville compte réduire de 30 % ses émissions d’ici 2030.

Le rapport des experts rappelle que 85 % du produit intérieur brut mondial est associé aux centres urbains et que « d’ici 2050, les deux tiers de la population vivront » dans ces zones. « Des villes compactes, efficaces et dotées d’un système intégré de transport en commun peuvent générer une croissance plus forte, créer des emplois, alléger la pauvreté et réduire les coûts d’investissements, tout en améliorant le niveau de vie grâce à la diminution de la pollution et de la congestion routière. »

 

Certains obstacles

La voie n’est pas dépourvue d’obstacles. Non seulement les villes doivent partager leurs connaissances, mais seulement 4 % des 500 plus grandes villes des pays émergents ont reçu une cote de crédit de la part des agences de notation. Cela complique les choses lorsque vient le temps d’obtenir du financement auprès des prêteurs locaux ou internationaux. Selon le rapport, le fait d’investir un dollar pour améliorer la cote de crédit d’une ville peut générer 100 $ en matière de financement privé.

Outre le rôle des villes, celui des gouvernements nationaux pourrait également être crucial, selon la Commission. L’idée de tarifer les émissions de gaz à effet de serre, pour tenir compte du coût de la pollution sur des ressources qui ne sont pas infinies, a fait son chemin et devrait se retrouver au coeur des discussions prévues à Paris lors de la conférence climatique prévue au mois de décembre.

10 %
Réduction annuelle estimée des émissions de GES grâce au plan proposé par le rapport de la Commission mondiale sur l’économie et le climat
1700 milliards
Économies réalisées d’ici 2050 selon les experts de la Commission mondiale sur l’économie et le climat

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