La décontamination des îles de la Madeleine n’est toujours pas complétée

Certains Madelinots voient dans la fuite de mazout un avertissement sur les conséquences qu’aurait un déversement de pétrole dans le golfe pour leur communauté.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Certains Madelinots voient dans la fuite de mazout un avertissement sur les conséquences qu’aurait un déversement de pétrole dans le golfe pour leur communauté.

Près d’un an après une importante fuite de mazout provoquée par le bris d’un pipeline d’Hydro-Québec aux îles de la Madeleine, le nettoyage n’est toujours pas complété et on ne sait pas encore quand il le sera.

En septembre 2014, un pipeline servant à alimenter la centrale thermique des îles a laissé fuir plus de 100 000 litres de mazout dans le secteur du port de Cap-aux-Meules. Ce déversement a contaminé le sol, mais aussi une partie du port de pêche.

Une bonne partie du nettoyage a depuis été effectuée par la société d’État, en collaboration avec le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). D’autres travaux doivent toutefois être menés au cours des prochains mois, a-t-on confirmé au Devoir.

Hydro-Québec a en effet déposé au cours des derniers jours un « plan révisé » en vue des opérations de décontamination à venir, a indiqué le MDDELCC. Le ministère a aussi expliqué que ces travaux touchent des zones situées en milieu terrestre.

Il n’a toutefois pas été possible d’obtenir de détails concernant les secteurs précis où se dérouleront les travaux, ni au sujet des délais prévus pour compléter le nettoyage des sols contaminés au mazout. Ces éléments seront précisés une fois que le dossier transmis par la société d’État aura été analysé, a simplement dit un porte-parole du MDDELCC.

Le porte-parole d’Hydro-Québec, Réjean Savard, a pour sa part indiqué que la société est « toujours en discussion » avec les autorités « concernant l’approche de gestion du site ». Il a aussi souligné qu’« Hydro-Québec souhaite limiter l’impact du déversement accidentel et s’assurer que celui-ci ne pose pas de risque environnemental pour les humains et les écosystèmes ».

Madelinots inquiets

 

Des témoignages recueillis récemment indiquent toutefois que certains Madelinots voient dans cette fuite de mazout un avertissement sur les conséquences qu’aurait un déversement de pétrole dans le golfe pour leur communauté. Le maire des îles de la Madeleine, Jonathan Lapierre, a lui-même déjà invité les gouvernements du Québec et du Canada à tirer des leçons de cette situation, au regard des projets pétroliers qui visent le golfe du Saint-Laurent.

Pour le moment, un seul projet d’exploration serait en voie de démarrer, soit celui situé dans le secteur de Old Harry, à 80 km à l’est des îles. En cas de déversement dans ce secteur, l’archipel pourrait être touché en quelques jours, selon ce qui se dégage de travaux menés par des chercheurs de l’Institut des sciences de la mer de Rimouski.

Une évaluation environnementale stratégique menée sur le golfe à la demande du gouvernement Charest a aussi déjà permis de conclure à un manque flagrant de données sur les courants. Dans ces circonstances, toutes les zones côtières bordant le golfe risqueraient de subir les impacts d’une marée noire. Et si celle-ci survenait en période hivernale, le couvert de glace empêcherait pour ainsi dire toute intervention de décontamination d’une telle catastrophe.



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