Deux nouvelles carcasses repérées dans le golfe du Saint-Laurent

La carcasse repérée près des îles de la Madeleine a été identifiée comme étant celle de la baleine baptisée no 3923 par l’aquarium de New England, une jeune femelle âgée de six ans (notre photo).
Photo: New England Aquarium La carcasse repérée près des îles de la Madeleine a été identifiée comme étant celle de la baleine baptisée no 3923 par l’aquarium de New England, une jeune femelle âgée de six ans (notre photo).

Après la baleine noire de l’Atlantique Nord retrouvée morte au large de Percé à la fin du mois de juin, deux nouvelles carcasses de la même espèce ont été repérées dans le golfe du Saint-Laurent, l’une non loin de Gaspé le 9 juillet et une autre à un peu plus de 35 kilomètres des côtes des îles de la Madeleine, le 13 juillet.

Des images aériennes captées dans le secteur de la Gaspésie par Pêches et Océans Canada ont été transmises à Urgences mammifères marins. Les prises de vue laissent voir une baleine — celle aperçue au large de Gaspé — dans un état de décomposition avancé. Elle n’a toutefois pas été revue depuis. « Ce spécimen était en très mauvais état, précise la coordonnatrice du centre d’appels Urgences mammifères marins du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Josiane Cabana. Elle était ouverte et pourrait très bien avoir coulé depuis son signalement. »

Les choses sont un peu différentes pour celle repérée près des côtes des îles de la Madeleine. Un peu plus tôt cette semaine, l’équipage du voilier RoterSand a croisé le corps du mammifère marin, ce qui a permis aux chercheurs de l’identifier comme étant no 3923, une jeune femelle née en 2009. La baleine était donc âgée de six ans, alors que cette espèce vit au moins 75 ans en temps normal.

À l’heure actuelle, l’Institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans Canada a procédé à une modélisation afin d’établir la trajectoire que suivra probablement la carcasse. Selon les prévisions du groupe, la baleine devrait finir par s’échouer sur les côtes des îles de la Madeleine. « Le plan sera alors de prélever des échantillons et de documenter visuellement le décès », ajoute la spécialiste de l’observation de ces animaux.

Hypothèses ?

Selon la coordonnatrice, il est toutefois trop tôt pour avancer des hypothèses quant aux causes de décès des deux baleines repérées dans les dernières semaines. Elle souligne cependant que cette espèce est souvent victime d’empêtrement et de collision. En effet, la baleine noire est surnommée la « baleine urbaine » parce qu’elle fréquente assidûment des secteurs où les activités maritimes sont importantes, ce qui augmente les risques de se faire frapper par un navire.

Dans le cas du premier animal repéré cet été, la nécropsie effectuée par les vétérinaires de l’Université de Montréal n’a pas permis de déterminer les causes du décès. « Les organes étaient dans un état de décomposition avancé lorsque nous avons finalement réussi à la récupérer », explique Josiane Cabana, porte-parole pour le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins.

Selon la coordonnatrice, il n’est pas encore possible de faire des liens entre les trois décès. « Nous ne pouvons pas affirmer que ces événements sont liés, indique-t-elle. Par contre, il est tout à fait légitime de se poser des questions, surtout lorsqu’on connaît la particulière situation de cette espèce. »

La baleine noire est une espèce en voie de disparition, sa population ne s’élevant qu’à environ 500 individus. La situation précaire de l’espèce a fait en sorte que de nombreuses mesures de protection ont été mises en place au cours des dernières années.

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Ce texte a été modifié après sa publication



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