Le Canada n’est pas préparé à un déversement dans l’Arctique

Le rapport indique que la connaissance des espèces marines clés qui peuplent l’Arctique est limitée.
Photo: Thinkstock Le rapport indique que la connaissance des espèces marines clés qui peuplent l’Arctique est limitée.

Un rapport interne du gouvernement fédéral l’a averti qu’il n’est pas préparé adéquatement à faire face à un déversement accidentel de pétrole dans l’Arctique ou provenant des gisements en eaux profondes.

Le document, daté du 23 mai 2014, a été préparé pour Pêches et Océans Canada par la firme SL Ross Environmental Research Ltd., établie à Ottawa. La Presse canadienne l’a obtenu en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Le rapport mentionne qu’il n’y a eu « aucun déversement majeur » de pétrole lié à l’exploration en eaux profondes dans l’Arctique canadien, mais que si une telle catastrophe se produisait, elle poserait « certains défis en matière de suivi ». En outre, la connaissance des espèces marines clés qui peuplent cette région unique, telle la morue de l’Arctique, est limitée.

Le document recommande d’ailleurs que les résultats des recherches marines qui se déroulent dans la région soient mis en commun et évalués régulièrement, de manière à établir des indicateurs de référence qui permettraient de mesurer les potentielles expositions au pétrole.

Forage en profondeur

 

Les chercheurs soulèvent également des inquiétudes concernant la propension croissante de l’industrie pétrolière à forer à 1000 mètres et plus. À de telles profondeurs, les déversements majeurs créent des panaches de pétrole imprévisibles qui peuvent n’apparaître à la surface que plusieurs jours plus tard.

De tels panaches sous-marins posent de grands défis en matière de surveillance et de contrôle, comme l’a montré la catastrophe de la plateforme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique en avril 2010, rappelle le rapport indépendant. À cette occasion, environ 3,19 millions de barils de pétrole se sont déversés dans l’eau sur une période de 87 jours.

Une porte-parole de Pêches et Océans Canada, Carole Saindon, a déclaré que le gouvernement travaillait à corriger certaines des lacunes identifiées dans le rapport.

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