Les émissions de GES du Québec ont augmenté entre 2012 et 2013

Le secteur du transport occupe toujours une part très importante du bilan de GES du Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le secteur du transport occupe toujours une part très importante du bilan de GES du Québec.

Les émissions de gaz à effet de serre du Québec ont connu une hausse d’un million de tonnes entre 2012 et 2013, révèle le bilan déposé par le gouvernement fédéral auprès des Nations unies. Les secteurs miniers et industriels y sont pour beaucoup dans cette augmentation.

Les données sur les émissions québécoises de gaz à effet de serre (GES) précisent que celles-ci sont passées de 81,6 à 82,6 millions de tonnes entre 2012 et 2013. Ce chiffre est inscrit dans la communication nationale sur les changements climatiques. Ce document a été déposé dans le cadre des exigences de déclaration en vertu de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Le rapport donne d’ailleurs des détails par secteur. On constate ainsi que le secteur minier a vu sa production de GES passer de 655 000 tonnes à 1,08 million de tonnes entre 2012 et 2013. Il s’agit d’un bond de 425 000 tonnes. Entre 2011 et 2013, période de boom minier au Québec, les GES de l’industrie ont connu une croissance de 594 000 tonnes.

Les industries manufacturières ont quant à elles vu leur bilan de GES s’alourdir de 580 000 tonnes, selon les données du fédéral. Mais comme pour le secteur minier, les émissions du secteur manufacturier évoluent en dents de scie depuis quelques années. Ces dernières ont globalement reculé, si on les compare aux données du début des années 2000.

Sans surprise, le secteur du transport occupe toujours une part très importante du bilan du Québec, avec des émissions moyennes de près de 35 millions de tonnes, et ce, depuis une décennie. Celles des alumineries avoisinent les six millions de tonnes, en légère baisse depuis quelques années.

Objectif 2020

 

Les données du gouvernement canadien diffèrent de celles publiées récemment par le gouvernement du Québec. Dans un bilan de l’année 2012 rendu public le 11 avril dernier, le ministre David Heurtel soulignait que les émissions du Québec avaient atteint 78 millions de tonnes d’équivalent CO2.

La différence entre les deux chiffres s’explique en partie par le changement du calcul du « potentiel de réchauffement planétaire » du méthane dans les données du fédéral. Ce gaz à effet de serre est plus puissant que le CO2, et le gouvernement a revu à la hausse son impact sur les émissions des provinces.

Les deux bilans permettent toutefois de dégager une baisse d’environ 8 % des émissions de GES au Québec depuis 1990. L’objectif est fixé à une baisse de 20 %, par rapport à 1990, d’ici 2020. Le gouvernement Couillard a d’ailleurs bon espoir d’y parvenir, notamment grâce au marché du carbone.

La cible québécoise seradifficile à atteindre, estime pour sa part le porte-parole de la campagne climat de Greenpeace, Patrick Bonin. Il souligne que les émissions du Québec évoluent en dents de scie depuis quelques années. « Les émissions du secteur des transports ne sont pas sous contrôle au Québec, et de nombreux projets polluants pourraient voir le jour », ajoute-t-il.

Il évoque la cimenterie de Port-Daniel, qui devrait générer à elle seule deux millions de tonnes de GES annuellement. Le développement du Plan Nord pourrait aussi, selon lui, alourdir le bilan québécois. Même chose si Québec ouvre la porte au gaz de schiste. Selon le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, cette industrie pourrait à elle seule faire grimper les émissions de 23 %, fuites « fugitives » qui surviennent une fois les puits « fermés ».

Le bilan déposé aux Nations unies fait aussi état de la hausse marquée des émissions de GES de l’Alberta. Celles-ci dépassaient, en 2013, les émissions combinées du Québec et de l’Ontario. À elles seules, les émissions « fugitives » du secteur pétrolier et gazier dépassent le total de tout le secteur des transports au Québec.



À voir en vidéo