Le mouvement Élan global presse la Caisse de dépôt de sortir des énergies fossiles

Pour les instigateurs de ce mouvement d’opposition aux énergies fossiles, la Caisse de dépôt doit donner l’exemple en se retirant de ce secteur industriel.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Pour les instigateurs de ce mouvement d’opposition aux énergies fossiles, la Caisse de dépôt doit donner l’exemple en se retirant de ce secteur industriel.

Les instigateurs de l’initiative « Élan global » pressent la Caisse de dépôt de retirer ses participations dans les nombreuses entreprises du secteur des énergies fossiles dans lesquelles elle investit, au nom des épargnants québécois.

« Nous exigeons que la Caisse de dépôt et placement du Québec désinvestisse le secteur des combustibles fossiles. Nous demandons aux autres gestionnaires de fonds d’investissement dont les capitaux proviennent de citoyennes et citoyens d’en faire autant », souligne ainsi leur manifeste rendu public mardi et cosigné par 200 personnalités issues des milieux culturel, environnemental, économique, universitaire et politique.

Élan global, dont Le Devoir publiait mardi le manifeste, se veut en fait une réponse au préjugé favorable du gouvernement Couillard envers l’exploitation pétrolière et gazière au Québec, mais aussi envers les projets de pipelines qui visent le territoire de la province.

Donner l’exemple

Pour les instigateurs de ce mouvement d’opposition aux énergies fossiles, la Caisse de dépôt doit donner l’exemple en se retirant de ce secteur industriel, comme plusieurs fonds d’investissement se sont engagés à le faire dans le monde.

« Le Québec doit répondre à l’appel de l’ONU et se joindre au mouvement international de désinvestissement », estime d’ailleurs l’ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois.

Pour la candidate à la chefferie du Parti québécois Martine Ouellet, la Caisse pourrait pourtant se détourner du pétrole et du gaz. Elle-même signataire du Manifeste pour un élan global, elle estime qu’il serait possible d’« investir dans des secteurs de développement technologique et d’énergies renouvelables ».

La Caisse possède en effet des participations dans de nombreuses entreprises actives dans le domaine des hydrocarbures, dont TransCanada, Enbridge, Suncor, Talisman, Junex et Pétrolia. La Caisse de dépôt, qui gère des actifs de 225 milliards de dollars, a simplement répondu mardi qu’elle n’avait pas de commentaires à formuler à la suite de la publication du manifeste.

La députée solidaire Françoise David soutient pour sa part que « le gouvernement du Québec ne devrait pas investir un sou dans le pétrole ». Or le gouvernement a déjà pris des engagements financiers en faveur du développement pétrolier. Il injecte notamment au moins 70 millions de dollars dans de nouveaux travaux d’exploration sur Anticosti. Investissement Québec détient aussi environ 11 % du capital-actions de Junex et 10 % de celui de Pétrolia.

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