L’homme aggrave son impact sur la biodiversité

Ci-dessus, des arbres géants sont abattus pour laisser la place à une plantation d’huile de palme, en Indonésie.
Photo: Bay Ismoyo Agence france-Presse Ci-dessus, des arbres géants sont abattus pour laisser la place à une plantation d’huile de palme, en Indonésie.

Le recul de la biodiversité atteint des niveaux historiques à l’échelle planétaire, l’empreinte écologique de l’humanité est en croissance et les conditions permettant le maintien de la vie sur terre ne cessent de se dégrader. Tel est le constat qui se dégage du rapport Planète vivante 2014, une synthèse environnementale produite par le Fonds mondial de la nature (WWF) dont Le Devoir a obtenu copie.

Le document s’attarde notamment à la tendance suivie par plus de 10 000 populations d’espèces animales. Globalement, celles-ci ont connu un déclin de plus de 50 % entre 1970 et 2010. « En d’autres termes, l’effectif des populations de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons a diminué en moyenne de moitié environ en 40 ans, ce qui représente un recul beaucoup plus marqué que celui précédemment estimé », souligne le rapport qui doit être publié mardi.

Si les populations d’espèces sauvages régressent dans toutes les régions de la Terre, les pertes les plus lourdes sont observées sous les tropiques, l’Amérique latine enregistrant le déclin le plus dramatique (83 %). « C’est la combinaison de la disparition et de la dégradation des habitats qui constitue la menace la plus grave pour les populations sauvages », peut-on lire dans le document. La chasse joue aussi un rôle majeur dans le déclin continuel des espèces. À cela s’ajoute la « menace » des changements climatiques, dont les effets se feront de plus en plus sentir dans les années à venir.

Empreinte écologique

Le rapport du WWF insiste en outre sur la croissance continue de l’empreinte écologique de l’humanité. Ainsi, chaque année, le monde consomme des ressources équivalentes à 150 % de ce que la planète est en mesure de produire sur une base annuelle. Plus de 80 % de la population mondiale vit dans des pays qui utilisent plus que ce que leurs propres écosystèmes peuvent renouveler. Si tous les Terriens consommaient comme les Canadiens, il nous faudrait l’équivalent de trois planètes et demie pour assurer notre subsistance.

« Conséquence : les stocks de ressources s’appauvrissent et les déchets s’accumulent plus vite qu’ils ne peuvent être recyclés ou absorbés, comme le prouve l’élévation de la concentration de carbone dans l’atmosphère », prévient le rapport.

Les ressources en eau potable de la planète accusent elles aussi des reculs significatifs qui menacent l’approvisionnement d’une population qui doit atteindre neuf milliards de personnes d’ici 2050. « Plus de 200 bassins fluviaux abritant 2,5 milliards d’habitants connaissent déjà une grave pénurie hydrique pendant au moins un mois par an », constate le WWF.

Les indicateurs détaillés dans le rapport révèlent la « demande excessive » de l’humanité en ressources planétaires, selon le directeur général du WWF, Marco Lambertini. « En prélevant sur nos écosystèmes davantage que ce qu’ils peuvent régénérer eux-mêmes, c’est notre avenir que nous hypothéquons. Conservation de la nature et développement durable sont pourtant indissociables : à travers eux, il ne s’agit pas uniquement de préserver la biodiversité et les milieux, mais rien de moins que de préserver l’avenir de l’humanité, c’est-à-dire notre bien-être, notre économie, notre sécurité alimentaire, notre stabilité sociale, en un mot notre survie. »

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