Plus de 50 personnes perdront leur poste

Plusieurs projets de recherche souffriront de la disparition de l’expertise des scientifiques, notamment ceux liés à l’étude du caribou des bois, une espèce menacée de disparition.
Photo: Thinkstock Plusieurs projets de recherche souffriront de la disparition de l’expertise des scientifiques, notamment ceux liés à l’étude du caribou des bois, une espèce menacée de disparition.

Ce sont finalement 53 personnes qui perdent leur emploi en raison des compressions imposées par le gouvernement Couillard au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Un geste qui prive Québec d’une expertise scientifique en matière de gestion de la faune et qui pourrait favoriser une hausse du braconnage.

 

Selon les données finalement transmises au Devoir à la suite d’une demande formelle au cabinet du ministre Laurent Lessard, 37 postes sont supprimés au sein des biologistes, des agents de recherche et des techniciens qui oeuvraient jusqu’ici sur une base contractuelle pour l’État québécois.

 

La porte-parole du ministère, Tania Marin, n’a toutefois pas précisé combien de postes de biologistes disparaissent en raison des mesures imposées pour atteindre l’« équilibre budgétaire ». Selon des chiffres fournis par le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), ce sont 17 biologistes qui perdent leur emploi.

 

Selon des informations obtenues par Le Devoir, plusieurs projets de recherche souffriront ainsi de la disparition de l’expertise des scientifiques qui cesseront de travailler d’ici deux semaines. C’est le cas de projets liés à l’étude du caribou des bois, une espèce menacée de disparition et dont la protection peut entrer en compétition avec les intérêts des entreprises forestières. D’ailleurs, au cours de la campagne électorale, Philippe Couillard a dit qu’il ne sacrifierait « jamais » les emplois de l’industrie « pour un caribou ».

 

Des professionnels travaillant sur le suivi de la biodiversité dans le contexte des changements climatiques, principalement dans le Nord québécois, sont aussi remerciés. Des projets liés à des mesures de rétablissements d’espèces menacés sont amputés, de même que d’autres qui ciblaient directement le suivi de certaines populations animales.

 

« Beaucoup de biologistes en région ont aussi perdu leur poste, a confirmé une source. Par exemple, la faune aquatique du Saguenay–Lac-Saint-Jean n’aura plus aucun professionnel étant donné qu’on ne remplace plus les départs à la retraite et les maternités. Le biologiste devant prendre le relais vient tout juste d’être mis à la porte. »

 

Moins d’agents

 

Un total de 16 agents de protection de la faune voient également leurs contrats « écourtés », a expliqué Mme Marin. Plusieurs régions du Québec sont touchées, dont la Gaspésie, l’Abitibi, la Mauricie et la Montérégie. Mais « la population n’a pas à s’inquiéter », notamment concernant le braconnage, a soutenu la porte-parole du ministère. « Les activités du ministère ne sont pas mises en péril. On maintient le maximum de services », a-t-elle ajouté. Il n’a pas été possible d’obtenir de commentaires de la part du ministre Laurent Lessard.

 

« Les coupes de postes au MFFP sont très regrettables, car elles priveront le Québec d’une précieuse expertise scientifique en matière de gestion de la faune et de biodiversité, a dénoncé le président du SPGQ, Richard Perron. C’est aussi un dur coup pour certaines régions durement touchées par des mesures d’austérité insensibles et incohérentes qui aggravent un climat socio-économique déjà précaire. »

 

Le porte-parole péquiste en matière de faune et de parcs, Guy Leclair, a par ailleurs souligné que ces compressions surviennent avant la première conclusion des travaux de la Commission de révision permanente des programmes. « Les dizaines d’emplois perdus sont un nouveau coup dur pour la situation de l’emploi au Québec, surtout dans nos régions. Les libéraux n’ont aucun plan pour le développement économique et la création d’emplois ; ils n’ont que l’austérité en tête », a-t-il laissé tomber.

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