Exploration pétrolière et gazière au large de la côte est des États-Unis

Washington vient de franchir une étape majeure en vue de l’exploration pétrolière le long de la côte Est américaine. L’administration Obama a en effet annoncé vendredi qu’elle permettrait l’utilisation de levés sismiques en milieu marin, une technique de recherche d’énergies fossiles dénoncée par les groupes environnementaux et les spécialistes de la vie marine.

L’agence américaine chargée de gérer les ressources énergiques maritimes a ainsi approuvé une série de normes censées encadrer l’utilisation des équipements nécessaires pour effectuer ces levés sismiques. « Nous prenons toutes les mesures raisonnables pour mettre en place des mesures de protection tout en permettant les opérations de recherche », a commenté le directeur de l’organisme, Walter Cruickshank.
 
Ces règles prévoient notamment que les entreprises pétrolières devront demander un permis avant de pouvoir aller de l’avant avec les travaux. Plusieurs se sont d’ailleurs déjà montrées intéressées et les travaux devraient débuter dès le début de 2015, au fur et à mesure que les joueurs de l’industrie mettront la main sur les permis couvrant des zones de l’Atlantique. Celles-ci s’étendent de la Floride au Delaware.
 
Le geste de l’administration représente une étape importante en vue de l’exploration en milieu marin. En effet, même si la recherche de pétrole a été bannie pendant des décennies, le moratoire a officiellement été levé en 2008. Le président Barack Obama avait même annoncé en avril 2010 qu’il ouvrait de vastes zones à l’industrie.
 
Mais quelques jours plus tard, la plateforme Deepwater Horizon de BP explosait dans le golfe du Mexique, provoquant la pire marée noire de l’histoire américaine. Le puits a laissé s’échapper pas moins de cinq millions de barils de pétrole dans le golfe du Mexique, et ce, sur une période de plusieurs mois.
 
Quatre ans après la catastrophe environnementale — qui continue d’affecter la vie marine du golfe —, Washington met maintenant en place les conditions pour accroître le nombre de plateformes pétrolières le long des côtes américaines.
 
Fait à noter, BP pourra tenter de mettre la main sur des permis d’exploration pétrolière dans les secteurs nouvellement disponibles le long de la côte. Elle a obtenu le feu vert du gouvernement plus tôt cette année, après avoir lancé une poursuite contre l’Agence américaine de protection de l’environnement, qui lui interdisait de participer aux enchères.
 
Risques pour la vie marine
 
Pour les groupes environnementaux, cette porte grande ouverte à l’industrie de l’énergie fossile pose de sérieux risques pour la vie marine. L’utilisation de levés sismiques est en effet pointée du doigt en raison de ses impacts sur la vie marine.
 
C’est le cas notamment pour les mammifères marins. Or, plusieurs espèces de cétacés menacées de disparition utilisent des couloirs migratoires situés directement dans des secteurs où seront menés des travaux d’exploration pétrolière. La baleine franche, dont il ne subsiste pas plus de 500 individus, serait particulièrement menacée par les travaux, selon le groupe américain Oceana.
 
L’étude d’impacts environnementaux du gouvernement estime elle-même que plus de 138 000 organismes marins pourraient être menacés par les levés sismiques.
 
Par ailleurs, au Canada aussi le gouvernement a ouvert des zones de l’Atlantique aux pétrolières. BP compte investir plus d’un milliard de dollars pour mener de l’exploration pétrolière en eau profonde au large de la Nouvelle-Écosse. En vertu de l’entente intervenue avec l’Office Canada–Nouvelle-Écosse des hydrocarbures extracôtiers, la pétrolière britannique a mis la main sur les droits d’exploration de quatre secteurs où elle compte se lancer dans des travaux d’exploration qui devraient s’étendre sur six ans.
 
Cette zone maritime se caractérise par sa riche biodiversité. Le gouvernement canadien prévoyait encore récemment d’établir une zone de protection marine un peu à l’est de la zone qui sera soumise à des activités d’exploration pétrolière.

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