Une nouvelle forêt pour une métropole

Martine Letarte Collaboration spéciale
Les 375 000 arbres sont prévus en plus des efforts de remplacement des frênes frappés par l’agrile.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Les 375 000 arbres sont prévus en plus des efforts de remplacement des frênes frappés par l’agrile.

Ce texte fait partie du cahier spécial Environnement - Jour de la Terre

D’ici le 22 avril 2017, année du 375e anniversaire de Montréal, le Jour de la Terre Québec lance un grand défi aux Québécois : planter 375 000 arbres sur le territoire de la grande région métropolitaine.

Les citoyens seront invités à faire des dons de 50 $, un montant permettant la plantation de cinq arbres. Les entreprises seront encouragées à mettre la main à la pâte pour motiver leurs employés à unir leurs forces pour donner, ou encore, pour organiser des collectes de fonds. Plusieurs artistes se mettent aussi de la partie. Les Cowboys Fringants, Louis-José Houde, Les Trois Accords et Patrick Groulx se donnent rendez-vous au Centre Bell le 10 mai pour amasser des fonds. « La plantation de 40 000 arbres sera financée par ce spectacle », se réjouit Pierre Lussier, directeur du Jour de la Terre Québec et vice-président du conseil d’administration.

 

Un billet de 55 $ finance la plantation de cinq arbres, celui de 45 $, quatre arbres, et ainsi de suite, jusqu’au billet le plus abordable : 15 $ pour un arbre.

 

Ces 40 000 arbres feront l’objet du premier appel de propositions au début juin. « Des villes, des organismes et des agriculteurs pourront nous dire combien d’arbres ils planteraient à quels endroits, puis notre comité scientifique choisira, explique Pierre Lussier. C’est important que les propositions viennent directement des milieux, mais en même temps, notre comité scientifique s’assurera d’une cohérence pour créer la ceinture verte prévue dans le Plan métropolitain d’aménagement et de développement [PMAD]. Déjà, des études ont été faites pour guider les choix du comité scientifique. »

 

Les gagnants des appels de propositions seront ensuite liés à un contrat détaillé précisant les conditions de plantation, l’entretien, les taux de perte acceptés, etc. « Ces arbres ne serviront pas à remplacer ceux qu’on abattra pour lutter contre l’agrile du frêne, assure M. Lussier. Les 375 000 arbres seront plantés en plus de ce qui est prévu dans les projets habituels. Ce seront de nouveaux arbres. »

 

Cette année, le 22 avril au matin, l’organisme le Jour de la Terre Québec invite les gens à assister au coup d’envoi du projet. La plantation de 375 arbres se déroulera au parc Jean- Drapeau, à Montréal.

 

Planter soi-même

 

C’est bien beau de donner de l’argent, mais plusieurs citoyens voudront assurément se mettre les mains dans la terre pour les planter, ces arbres ! Ils auront plusieurs occasions de le faire. « Les entreprises organisatrices de collectes de fonds pourront nous préciser qu’elles veulent prendre part à l’effort de plantation, et nous ferons en sorte que ce soit possible en les jumelant avec un organisme planteur », explique Pierre Lussier.

 

Des individus pourront aussi prendre l’initiative d’acheter cinq arbres en pépinière privée pour les planter eux-mêmes. « Ils pourront nous dire où ils ont fait la plantation, nous envoyer une photo et la facture des arbres comme preuve et nous les comptabiliserons », indique Pierre Lussier.

 

Une gestion minutieuse

 

Arriver à planter des arbres pour 10$ l’unité est possible pour le Jour de la Terre Québec en raison du grand volume à produire, mais aussi grâce à une planification minutieuse. « Nous devons mettre en place une mécanique capable de créer de grands volumes, explique Pierre Lussier. Notre comité scientifique est en discussion avec les pépiniéristes et les organismes planteurs pour choisir les essences et les grosseurs de plant optimales. Il semble que le plus important n’est pas d’avoir des plants le plus gros possible, mais plutôt d’entretenir les plantations. Le plus grand danger des arbres, c’est le gazon ! Pour s’assurer de la croissance des arbres, il faut désherber à leur base. »

 

Le Jour de la Terre doit aussi s’assurer d’avoir toujours suffisamment de végétaux pour alimenter les projets de plantation. « Pas question d’importer », précise M. Lussier.

 

Le Jour de la Terre Québec prévoit lancer deux appels de propositions par année pour pouvoir planter, si les conditions le permettent, au printemps et à l’automne. « À la suite de l’appel de propositions de juin, nous prévoyons accorder les contrats à la mi-août en vue d’une plantation à l’automne 2014 et au printemps 2015, précise M. Lussier. Un autre appel de propositions sera fait en novembre pour une plantation au printemps et à l’automne 2015. On maintiendra ensuite le même rythme. »

 

Vers 2017 et 2042

 

Les prochains Jours de la Terre seront une occasion de relancer le projet, de réanimer la mobilisation citoyenne pour arriver au point culminant du 22 avril 2017. D’ailleurs, Astral Affichage et les nombreuses chaînes radio d’Astral sont partenaires et diffuseront une grande campagne publicitaire chaque année d’ici le 22 avril 2017. Pour clore le projet, le Jour de la Terre Québec souhaite organiser un grand événement rassembleur.

 

« En 2017, nous aimerions créer un record de la plus grande plantation urbaine qui n’a jamais eu lieu, affirme Pierre Lussier. Nous aimerions que ce soit un moment fort, qu’il y ait peut-être un autre grand concert pour célébrer cette grande mobilisation citoyenne. »

 

Le Jour de la Terre Québec souhaite aussi profiter de l’occasion pour faire rayonner Montréal au-delà des frontières québécoises. « Le 375e anniversaire de Montréal attirera plusieurs congrès et événements dans la métropole, et nous aimerions réussir à faire venir de façon écologique — ce sera un vrai défi ! — 400 jeunes délégués à travers la planète pour planter 400 arbres, affirme M. Lussier. Nous travaillerons en collaboration avec Earth Day Network, basé à Washington, pour choisir ces jeunes. L’objectif sera de leur redonner rendez-vous à Montréal 25 ans plus tard, alors que la ville célébrera son 400e anniversaire, pour voir le bout de forêt que seront devenus les 400 arbres qu’ils auront plantés. »

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