L’avancée des terres agricoles menace la biodiversité

Le rythme moyen du déboisement a été de 130 000 kilomètres carrés au cours des cinq dernières années.
Photo: Agence France-Presse (photo) Romeo Gacad Le rythme moyen du déboisement a été de 130 000 kilomètres carrés au cours des cinq dernières années.

Au rythme où l’humanité détruit les terres naturelles du globe pour faire davantage de place à l’agriculture, près de 10 millions de kilomètres carrés de ces terres disparaîtront d’ici 2050, prévient le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) dans un nouveau rapport.

 

« Le passage à des régimes plus riches en protéines dans les pays en développement et une plus grande demande de biocarburants et de biomatériaux, surtout dans les pays développés, augmentent la demande de terres », fait valoir le PNUE dans le rapport intitulé « Assessing Global Land Use : Balancing Consumption with Sustainable Supply ».

 

S’ajoute à cela une croissance démographique importante. En fait, la population mondiale devrait atteindre les neuf milliards d’individus d’ici 2050. Si la tendance actuelle se maintient, l’expansion nette des terres agricoles se situera donc entre 1,2 et 5 millions de kilomètres carrés au cours de la même période.

 

Répondre à cette demande sera très coûteux d’un point de vue environnemental. « La nécessité de nourrir une population grandissante au niveau planétaire conduit à la destruction de toujours plus de savanes, prairies et forêts mondiales pour les convertir en terres agricoles », constate l’organe onusien.

 

À titre d’exemple, le rythme moyen du déboisement a été de 130 000 kilomètres carrés au cours des cinq dernières années. La dégradation de l’environnement et la perte de biodiversité massives qui en résultent touchent déjà, selon les estimations, 23 % des sols mondiaux.


Freiner l’expansion

 

Selon le PNUE, il faudrait donc parvenir à stopper l’expansion des terres cultivées pour atteindre l’objectif visant à freiner la perte mondiale de biodiversité d’ici à 2020. Or, entre 1961 et 2007, les terres cultivées ont progressé de 11 %, et cette progression ne montre aucun signe de ralentissement.

 

« Au cours des cinquante dernières années, le monde a été le théâtre d’un recul d’une ampleur sans précédent des services et fonctions des écosystèmes terrestres. Des forêts et des zones humides ont été converties en terres agricoles pour nourrir une population de plus en plus nombreuse », a commenté le secrétaire général adjoint de l’ONU et directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner, par voie de communiqué.

 

Il faut donc, selon l’organe onusien, développer des moyens de protéger les terres agricoles actuellement disponibles, mais aussi mieux les utiliser. Il importe, par exemple, d’augmenter le rendement dans des régions comme l’Afrique subsaharienne ou certains pays d’Asie.

 

Le rapport souligne par ailleurs que les problèmes auxquels le monde est confronté « tiennent essentiellement à des niveaux de consommation non viables et disproportionnés ». Les auteurs rappellent ainsi que, dans les pays riches, « seulement quelques instruments d’action visent à lutter contre les habitudes de consommation excessive et les structures qui les encouragent ».

 

Certains montrent aussi du doigt le gaspillage alimentaire mondial, qui équivaut à jeter à la poubelle 30 % de toute la production planétaire. Et l’on ignore dans quelle mesure les bouleversements climatiques viendront perturber la production agricole au cours des prochaines années.

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