Projet d’inversion Trailbreaker - Le passé antipipeline de Scott McKay refait surface

Scott McKay
Photo: - Le Devoir Scott McKay

Le député péquiste Scott McKay a diffusé mardi une vidéo dans laquelle il tente de justifier des propos qu’il a déjà tenus dans le cadre d’une manifestation au cours de laquelle il réclamait la mise à mort du projet d’inversion d’un pipeline piloté par Enbridge. Une position diamétralement opposée à celle défendue aujourd’hui par le gouvernement pour un autre oléoduc de la même pétrolière.

 

Une vidéo mise en ligne la semaine dernière par le groupe militant GAPPA montre Scott McKay en août 2010, alors qu’il était député de l’Assomption et porte-parole péquiste en matière de développement durable et d’environnement. Il y prend la parole avant une manifestation contre le projet d’inversion d’un pipeline qui va de Portland, dans le Maine, jusqu’à Montréal. Ce projet, connu sous le nom de Trailbreaker, aurait permis d’acheminer du pétrole de l’Ouest jusqu’aux États-Unis en passant par le Québec.

 

L’ancien chef du Parti vert plaide pour la « fin » de ce « projet néfaste pour tout le monde ». Il presse donc les manifestants à « augmenter la pression sur les gouvernements pour faire en sorte que ce projet ne voie pas le jour ».

 

M. McKay rappelle aussi un déversement provoqué quelques semaines auparavant par un autre pipeline d’Enbridge, celui de la rivière Kalamazoo, au Michigan. Cet oléoduc a laissé fuir plus de trois millions de litres de pétrole brut dans le cours d’eau. Ce qui pourrait advenir au Québec « est arrivé dans le Michigan », souligne-t-il.

 

« C’était aussi un pipeline de pétrole sale de l’Alberta, c’était aussi la compagnie Enbridge qui était là, c’était aussi une compagnie qui nous disait qu’il n’y en aurait pas de problème, lance Scott McKay. Effectivement, il n’y en a pas de problème. Il n’y en a pas pour eux. Eux vont continuer d’engranger les profits, eux vont continuer d’augmenter le prix de leurs actions en bourse, eux vont continuer de mettre de l’argent dans leurs poches. »

 

« Il faut faire valoir notre droit à un environnement sain », ajoute le député péquiste. Il presse du même souffle le gouvernement Charest de mandater le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement pour « enquêter » sur le projet d’Enbridge.

 

Le député se défend

 

Dans une vidéo diffusée mardi, M. McKay répond qu’il est « faux » de croire que sa position sur l’inversion de pipelines a changé depuis que le Parti québécois a pris le pouvoir.

 

L’adjoint parlementaire au ministre de l’Environnement du Québec souligne ainsi que le projet Trailbreaker n’entraînait « aucune retombée économique pour le Québec », contrairement au projet d’inversion de la ligne 9B. Ce dernier est conçu pour alimenter les deux raffineries québécoises.

 

Il insiste surtout pour répéter que le projet aujourd’hui approuvé par le gouvernement Marois ne prévoit pas de transport important de pétrole tiré des sables bitumineux, contrairement au projet Trailbreaker.

 

En fait, Enbridge compte transporter principalement du pétrole léger provenant de gisements du Dakota du Nord et de la Saskatchewan. Dans ces deux régions, ce brut dit léger est essentiellement du pétrole de schiste, une ressource dont nous ignorons les impacts environnementaux à long terme. Le pipeline transportera aussi du pétrole dit synthétique, un produit du préraffinage de pétrole non conventionnel, dont celui des sables bitumineux. Enfin, Enbridge a déjà annoncé qu’une partie du pétrole acheminé vers Montréal sera du brut lourd.

 

Scott McKay conclut la vidéo mise en ligne mardi en rappelant qu’il reste « beaucoup de chemin à faire » avant de se libérer de notre dépendance aux hydrocarbures, mais que la « transition écologique du Québec est en marche ».


 

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