BPC: Québec inspectera 1300 sites d’ici les cinq prochaines années

Le ministre de l’Environnement Yves-François Blanchet
Photo: Michaël Monnier - Le Devoir Le ministre de l’Environnement Yves-François Blanchet

Le gouvernement Marois reconnaît la nécessité de resserrer les règles en matière de surveillance des sites où on retrouve des BPC. Le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, a d’ailleurs annoncé mardi que Québec visitera au moins 1300 sites d’ici cinq ans afin d’éviter la répétition d’un cas de pollution comme celui provoqué plus tôt cette année par un site d’entreposage illégal à Pointe-Claire.

 

Selon le ministre, ce cas a été « un catalyseur de changements pour le Québec ». D’où l’annonce d’un « nouveau programme » censé permettre de mener des inspections sur l’ensemble des lieux au Québec où ont été déclarés ou découverts des BPC depuis la fin des années 1990.

 

M. Blanchet estime ainsi qu’une soixantaine de sites seront inspectés d’ici avril prochain. Mais ce sont au moins 1300 sites qui feront l’objet de vérifications sur un horizon de cinq ans. D’autres pourraient s’ajouter à la liste. Le ministre a en effet invité les citoyens à signaler au ministère tout site qu’ils jugeraient suspects.

 

« Nous devons valider et, au besoin, compléter le portrait des sites où se trouvent encore des matières contenant des BPC au Québec, mais aussi identifier la dynamique de leur traitement et de leurs mouvements, ainsi que les lacunes du système », a déclaré M. Blanchet.

 

Même s’il s’agit d’un nouveau programme et que Québec devra y consacrer des ressources humaines sur quelques années, le ministre a soutenu que le tout se fera « à coût nul ». Selon lui, il s’agira simplement de « redéfinir les priorités des inspecteurs ».

 

Le cas Pointe-Claire

 

Selon ce qu’a fait valoir le ministre, le cas de Pointe-Claire a démontré que « les mesures qui existaient déjà n’étaient pas suffisamment sévères ». En mars, un déversement d’eaux huileuses contaminées aux BPC y est survenu sur un terrain appartenant à l’entreprise Reliance. Cette pollution a rapidement migré, atteignant même le lac Saint-Louis. Des substances cancérigènes réputées très persistantes se sont donc retrouvées dans le Saint-Laurent.

 

Malgré les risques significatifs pour la santé mis en lumière par les autorités compétentes, Québec n’a jamais alerté la population. La note publiée en mars sur le site Urgence Environnement mentionnait par exemple un déversement, mais sans jamais préciser qu’il s’agissait de liquides contenant des BPC. L’histoire a été révélée dans les médias en août dernier.

 

Reliance a par la suite refusé de se conformer aux exigences de Québec, de telle sorte que c’est le gouvernement qui a dû prendre le site en charge. La décontamination devrait être achevée dans les prochains mois. Québec ne détient pas encore d’évaluation des coûts pour l’ensemble de ces travaux. À terme, la facture pour l’ensemble des travaux se chiffrera en millions de dollars. Les contribuables pourraient en assumer une partie.

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