Commission parlementaire - Les groupes environnementaux critiquent Québec dans le dossier Enbridge

Le gouvernement du Québec a manqué à ses devoirs en ne lançant pas d’évaluation environnementale complète du projet d’inversion de l’oléoduc 9B d’Enbridge, ont affirmé mardi les groupes écologistes qui ont pris la parole devant la commission parlementaire chargée d’étudier le dossier.

 

L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique a qualifié l’approche de Québec de « réductrice et précipitée ». Selon son président, André Bélisle, la consultation qui se termine jeudi exclut « des pans entiers de préoccupations légitimes liées à l’explosion de la production de pétrole bitumineux et ses conséquences environnementales, tant au niveau global que régional ».

 

Le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement a pour sa part rappelé au gouvernement qu’il est tenu de respecter la Loi sur le développement durable, adoptée en 2006. Son directeur général, Philippe Bourke, estime que « dans le cas du projet d’Enbridge, cela signifie que le gouvernement doit non seulement considérer les impacts du transport du pétrole, mais qu’il doit étendre son analyse aux impacts de l’extraction, du raffinage et de la consommation du pétrole ».

 

Léger ou lourd ?

 

Les représentants d’Équiterre et de Greenpeace ont d’ailleurs souligné que les 300 000 barils de brut qui voyageront chaque jour de l’Ouest jusqu’à Montréal proviendront essentiellement des sables bitumineux et de gisements de pétrole de schiste. Ces deux types de pétrole sont les seuls qui connaissent une croissance de production en Amérique du Nord.

 

La ministre Élaine Zakaïb a répété les affirmations des pétrolières indiquant que le pétrole qui coulera dans la ligne 9B sera « léger ». Mais elle a aussi dit que les versions à ce sujet diffèrent entre les promoteurs et les détracteurs du projet d’Enbridge.

 

Elle a aussi critiqué Greenpeace en accusant le groupe de « faire fi » des emplois dans le secteur pétrochimique au Québec. « Nous sommes tous très soucieux des changements climatiques, nous sommes tous très soucieux des émissions de gaz à effet de serre », a ajouté Mme Zakaïb.

 

Responsable de la campagne Climat chez Greenpeace, Patrick Bonin a rappelé que le gouvernement Marois n’a toujours pas présenté de plan de lutte contre les changements climatiques.

 

« Le gouvernement s’est engagé à réduire sa consommation de pétrole de 30 % d’ici 2020 et montre un retard dans l’atteinte de ces objectifs. Or si le Québec s’approvisionne de ce pétrole sale, nos émissions de gaz à effet de serre augmenteront », a expliqué Steven Guilbeault, d’Équiterre.

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