2013, une des années les plus chaudes depuis 1850

Photo: Organisation mondiale de la météorologie

La tendance des dernières années se poursuit. L’Organisation mondiale de la météorologie (OMM) a annoncé mercredi que l’année 2013 devrait être l’une des dix années les plus chaudes depuis le début des relevés modernes, en 1850. Et le niveau moyen des mers a atteint cette année un nouveau record.

«À ce jour, les températures de cette année sont à peu près les mêmes que la moyenne pour la décennie 2001-2010, la plus chaude à ce jour, a expliqué le Secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud, par voie de communiqué. Tous les records de chaleur ont été battus depuis 1998 et la tendance sous-jacente à long terme se poursuit cette année. Actuellement, les années les plus froides sont plus chaudes que les années les plus chaudes avant 1998.»

Lors des neuf premiers mois de 2013, la plupart des régions du monde ont connu des températures supérieures à la moyenne, en particulier l’Australie, le nord de l’Amérique du Nord, le nord-est de l’Amérique du Sud, l’Afrique du Nord et une grande partie de l’Eurasie. En Amérique du Nord, les températures ont été supérieures à la moyenne en 2013, mais plus modérées qu’en 2012.

Record de CO2

M. Jarraud a précisé mercredi que «la teneur mondiale de l’atmosphère en dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre a atteint de nouveaux sommets en 2012 et nous nous attendons à ce qu’elle atteigne des niveaux sans précédent à nouveau en 2013. Cela signifie que nous sommes voués à un avenir plus chaud». En 2012, le monde a aussi connu un nouveau «record» d’émissions de CO2, à 31,6 gigatonnes, en hausse de 1,4% par rapport à 2011, selon les calculs de l’Agence internationale de l’énergie.

Ces hausses des températures ont en outre pour effet d’accentuer les bouleversements météorologiques. «Les températures de surface ne représentent qu’une partie du contexte général de l’évolution du climat. Leurs incidences sur le cycle de l’eau sont déjà manifestes, comme en témoignent les sécheresses, les crues et les précipitations extrêmes.»

«Les Philippines souffrent des ravages provoqués par le typhon Haiyan, le cyclone tropical le plus puissant à avoir atteint le pays et l’un des plus intenses jamais enregistrés. Ce pays s’efforce toujours de se remettre des effets du typhon Bopha, qui l’a touché il y a un an. Même si l’on ne peut pas attribuer directement les cyclones tropicaux au changement climatique, l’élévation du niveau de la mer rend déjà les populations côtières plus vulnérables aux ondes de tempête, ce qui a eu des conséquences tragiques dans le cas des Philippines», a expliqué M. Jarraud.

Il a ajouté que si le lien entre le changement climatique et la fréquence des cyclones tropicaux fait l’objet de nombreuses recherches, on s’attend à ce que les incidences de ces phénomènes s’aggravent.

Hausse du niveau des mers

La déclaration provisoire de l’OMM confirme par ailleurs que le niveau moyen de la mer a atteint un nouveau record. Ce niveau s’est élevé à un rythme moyen de 3,2 millimètres par an (mm/an) depuis le début des mesures par des satellites équipés d’altimètres, en 1993, «ce qui est proche du rythme d’environ 3 mm/an observé pendant la décennie 2001-2010 et correspond au double de celui enregistré au XXe siècle, qui est de 1,6 mm/an».

D’après M. Jarraud, «le niveau de la mer va continuer de s’élever en raison de la fonte des calottes glaciaires et des glaciers. Plus de 90% de la chaleur supplémentaire issue des gaz à effet de serre est absorbée par les océans, qui vont continuer de se réchauffer et de se dilater pendant des centaines d’années».

Enfin, la banquise arctique a, selon l’OMM, «légèrement récupéré après la fonte spectaculaire et sans précédent de 2012, mais on a relevé en 2013 l’une des étendues les plus faibles jamais observées». Depuis le début des mesures par satellite, en 1979, la décennie 2001-2010 a été marquée par la fonte annuelle moyenne la plus élevée à ce jour de cette banquise, qui a battu sept fois les records de réduction de sa superficie depuis 2007.

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