Russie - Ottawa se fait discret sur son aide aux militants de Greenpeace

Le gouvernement Harper est avare de commentaires sur ce qu’il fait pour suivre la situation des Canadiens militants de Greenpeace détenus en Russie et accusés de piraterie pour avoir protesté contre l’exploitation pétrolière dans l’Arctique.

 

« Nous sommes au courant de la situation impliquant deux citoyens canadiens à Mourmansk, en Russie. Des services consulaires sont fournis aux deux Canadiens en fonction de leur situation », a répondu au Devoir un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement du Canada. Il n’est pas possible d’obtenir davantage d’information à ce sujet.

 

Deux Canadiens, dont un Montréalais, figurent parmi les 30 écologistes arrêtés par Moscou au mois de septembre. Ils sont tous détenus et accusés de « piraterie en bande organisée ». S’ils sont reconnus coupables, ils risquent jusqu’à 15 ans de prison en Russie.

 

Mardi, la justice russe a d’ailleurs refusé de libérer trois membres de Greenpeace qui ont présenté une demande en ce sens. Ils seront détenus jusqu’au 24 novembre, selon la décision du tribunal régional de Mourmansk.

 

Conditions inhumaines

 

Greenpeace a dénoncé lundi les conditions de détention de ses militants. « On ne peut qualifier leurs conditions de détention que comme inhumaines », a déclaré un avocat de Greenpeace, Sergueï Goloubok, cité par l’Agence France-Presse. Plusieurs militants détenus « n’ont pas d’accès à l’eau potable » et tous font l’objet « d’une vidéosurveillance permanente » jusque dans les toilettes, a-t-il souligné.

 

Le 19 septembre dernier, des gardes-frontières armés de mitrailleuses ont pris d’assaut le navire Arctic Sunrise, utilisé à plusieurs reprises dans le passé pour mener des actions pacifiques contre des projets qui poseraient des risques environnementaux. La réaction par les armes de Moscou est intervenue au lendemain de l’arrestation de quatre militants écologistes qui ont escaladé une plateforme pétrolière pour attirer l’attention sur les risques environnementaux que représentent les forages pétroliers dans l’Arctique.

 

La plateforme pétrolière appartient au géant pétrolier russe Gazprom, qui prévoit de lancer la production au premier trimestre 2014, faisant peser le risque d’une marée noire dans une zone où existent trois réserves naturelles protégées par la loi russe, selon les écologistes.

 

Le Programme des Nations unies pour l’environnement a d’ailleurs lancé plus tôt cette année un sérieux avertissement à la communauté internationale : la fonte accélérée des glaces de l’Arctique rend de plus en plus probable une exploitation précipitée des immenses ressources énergétiques fossiles dans cette région du monde. Une situation qui pourrait aggraver les bouleversements climatiques qui ont justement rendu plus facile l’exploitation des hydrocarbures dans cette vaste région.

 

Ottawa, qui a pris la présidence du Conseil en mai, entend profiter de son statut pour donner plus de place aux questions industrielles dans cette immense région. Des milliers de kilomètres carrés de l’océan Arctique canadien ont déjà été mis aux enchères par les conservateurs.

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