La température pourrait augmenter de 6ºC en Amazonie

Selon une nouvelle étude scientifique brésilienne publiée lundi, la hausse des températures dans la région amazonienne pourrait atteindre de 3ºC à 6ºC d’ici 2100, en raison de l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre. Une telle situation entraînerait des bouleversements marqués pour les cours d’eau, mais aussi une baisse substantielle du niveau des nappes phréatiques, dont dépend l’alimentation des sources en eau potable des citoyens.

Le rapport, qui est présenté ce lundi dans le cadre de la première Conférence nationale sur les changements climatiques, conclut que les niveaux d’émissions de gaz à effet de serre restent trop élevés. Tous les indicateurs scientifiques mettent d’ailleurs en lumière une croissance de ces gaz produits par l’activité humaine, ce qui aura pour effet de contribuer à une hausse soutenue des températures sur Terre. Le globe pourrait se diriger vers une hausse globale de plus de 5ºC au cours du présent siècle, selon la Banque mondiale.

Mais les augmentations et leurs effets ne seront pas les mêmes d’une région à l’autre. Ainsi, en Amazonie par exemple, en 2100, la température pourrait augmenter de près de 6 ºC et la distribution des pluies chuter de 45% dans la région. «Ce sont des prévisions dans des conjonctures extrêmes d’émissions de gaz à effet de serre. Si en 30 ans nous ne changeons pas le taux actuel, la température moyenne annuelle dans le pays augmentera de 1 ºC», prévient Tércio Ambrizzi, de l’Université de São Paulo, cité par l’Agence France-Presse.

Impacts économiques

Déboisements et brûlis pourraient continuer à changer drastiquement le cycle hydrologique de la forêt amazonienne en prolongeant la saison sèche et en altérant la distribution des pluies dans le pays. Dans ce contexte, l’agriculture et le secteur énergétique du Brésil seraient fortement touchés avec le risque d’une brusque chute du Produit intérieur brut (PIB).

Le rapport montre notamment que les changements climatiques réduiront la productivité de presque toutes les cultures agricoles existantes au Brésil aujourd’hui. Cela entraînera des pertes économiques provoquées par des gelées ou des sécheresses dans l’agriculture de quelque 3,3 milliards de dollars par an, d’ici à 2020. Les cultures de soja perdraient 20 % de leur productivité d’ici à sept ans et 24% d’ici à 2050.

L’impact sur la biodiversité devrait aussi être majeur. Dans une étude parue en mai dernier, des chercheurs de l’université britannique de East Anglia ont souligné que plus de la moitié des espèces végétales et d’un tiers des espèces animales les plus communes qui devraient voir l’espace propice à leur existence réduit de moitié d’ici 2080, si la tendance actuelle se poursuit. D’après leurs conclusions, publiées dans la revue Nature Climate Change, quelque 55% des plantes et 35% des animaux pourraient voir cet espace réduit d’au moins de moitié.

Ce sont les plantes, les amphibiens et les reptiles qui sont le plus «à risque» car le rythme de leur capacité d’adaptation est plus lent que celui du changement climatique, soulignent les chercheurs. Les zones les plus touchées seraient l’Afrique subsaharienne, l’Amérique centrale, l’Amazonie et l’Australie.

Phénomènes extrêmes

Par ailleurs, un rapport scientifique international publié jeudi dernier indiquait que les bouleversements résultant des émissions de gaz à effet de serre produites par les activités humaines a contribué à la moitié des phénomènes météorologiques extrêmes sur la planète en 2012.

Selon ce rapport, l’impact humain sur le climat peut être en partie responsable des précipitations exceptionnelles en Australie, de la sécheresse hivernale sans précédent en Europe du Sud et de la sécheresse en Afrique de l’est.

Le réchauffement est aussi montré du doigt pour les pluies diluviennes en Nouvelle-Zélande fin 2011, quand 67 centimètres d’eau sont tombés en deux jours. Selon les scientifiques, de telles précipitations ont probablement résulté d’une humidité accrue produite par l’accumulation des gaz à effet de serre.

La vague de chaleur dans l’est des États-Unis au printemps 2012 est l’un des exemples où l’influence humaine est la plus probante selon les chercheurs pour qui 35 % de ce phénomène peut être attribué au changement climatique.

La banquise arctique a connu en été 2012 un recul record avec une superficie de 1,3 million de km2 : «Ce phénomène ne peut pas s’expliquer seulement par des variations naturelles», souligne le document.

Avec l’Agence France-Presse


 

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