Feux de forêt: on contrôle ce qu’on peut, dit Marois

Aucun délestage de lignes électriques n’est prévu pour l’instant, affirme Pauline Marois.
Photo: - Le Devoir Aucun délestage de lignes électriques n’est prévu pour l’instant, affirme Pauline Marois.

Alors que les feux de forêt font toujours rage dans le nord du Québec, 350 personnes ont été évacuées dans la région d’Eastmain. La première ministre Pauline Marois s’est tout de même faite rassurante, vendredi.


Les autorités contrôlent ce qu’elles peuvent contrôler, ont évacué les citoyens qui devaient être évacués, mais certains feux sont d’une ampleur telle qu’il est illusoire de penser les éteindre en les arrosant, a fait savoir Mme Marois, qui donnait une conférence de presse sur un autre sujet, à Montréal. « On essaie de contrôler la progression du feu, mais il est tellement imposant, qu’il va devoir s’éteindre vers les réservoirs - c’est ce qui arrive actuellement. Il va s’éteindre parce qu’il va atteindre les réservoirs [d’eau]. Nous sommes sur le terrain, très présents. J’ai régulièrement des rapports. Nous sommes en contrôle, mais la nature, nous ne pouvons pas la contrôler, elle », a commenté Mme Marois.


Haute surveillance


La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) s’affaire à protéger les infrastructures et essaie de restreindre le feu à un certain corridor, a-t-elle rapporté. « Les actions qui devaient être menées ont été menées correctement et au bon moment », a-t-elle ajouté.


Elle a aussi répété que les autorités travaillaient main dans la main, à savoir la Sécurité civile, la SOPFEU, la Sûreté du Québec, sans compter Hydro-Québec, qui veille à la sécurité de ses équipements, donc à la stabilité de l’approvisionnement électrique. Mais plusieurs pannes ont été rapportées jusqu’ici, généralement de courte durée.


En soirée, vendredi, Mme Marois a tenu une conférence de presse durant laquelle elle a assuré qu’aucun citoyen n’était en danger et qu’une équipe suivait la situation d’heure en heure. L’équipe, a ajouté Mme Marois, est sous son « entière autorité en tant que première ministre ».


Accompagnée du p.-d.g. d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, et de la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, Mme Marois a confié que les équipements d’Hydro-Québec étaient sous haute surveillance, incluant les lignes qui acheminent l’électricité vers le sud de la province. Elle a aussi précisé que dix feux étaient en activité, dont deux qui faisaient l’objet d’une surveillance toute particulière.


Selon Mme Marois, aucun autre délestage n’est prévu pour l’instant. « Mais si la situation devait changer dans les prochains jours et qu’on venait à perdre des lignes électriques, il pourrait y avoir du délestage, c’est-à-dire que l’électricité ne serait pas rendue disponible pour un certain nombre de consommateurs. Cependant, ce serait pour une courte période de temps, et ça ne toucherait pas les infrastructures critiques », a-t-elle fait remarquer.


Plus tôt vendredi, par ailleurs, Mme Ouellet avait confirmé en entrevue que la SOPFEU était bel et bien intervenue au nord du 51e parallèle, contrairement à ce que certains avaient prétendu. Mais elle intervient pour protéger les personnes et les équipements, pas systématiquement les arbres. « C’est un feu d’une ampleur qu’on a rarement vue au Québec », a résumé Mme Ouellet.


Plus précisément, « il y a six hélicoptères et 72 personnes pour protéger le village d’Eastmain. Il y a de l’arrosage qui se fait par les airs et du sol pour protéger les personnes », a-t-elle relaté.


Les autorités ont fait savoir que les dangers d’incendie de forêt demeuraient extrêmes dans plusieurs régions du Québec, particulièrement dans le nord de la province, en raison du temps sec et chaud qui y perdure.


Panne de métro


À son tour, le maire par intérim de Montréal, Laurent Blanchard, a souhaité que les pannes de métro causées par les fluctuations de tension, comme celle de mercredi dernier, ne se répètent pas.


« Dans la mesure où ces pannes-là sont ponctuelles et ne durent que quelques minutes, je n’ai pas à avoir d’inquiétude structurelle. Mais c’est évident que si le métro, successivement, pendant trois jours consécutifs, tombe en panne pour un certain nombre de minutes ou d’heures, bien ça introduit un climat d’inquiétude. Et Montréal, c’est la ville des festivals, la ville de l’été, c’est la ville qui se veut festive. Alors je ne veux pas qu’on considère le fait de se promener à Montréal comme étant une aventure », a commenté M. Blanchard.

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