Étude météorologique - De mal en pis pour le climat

Le rapport en question met en évidence la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre. La concentration de CO2 a augmenté de 39 % depuis le début de l’ère industrielle.
Photo: Agence France-Presse (photo) Joseph Eid Le rapport en question met en évidence la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre. La concentration de CO2 a augmenté de 39 % depuis le début de l’ère industrielle.

Quoi qu’en pensent les climatosceptiques, l’Organisation météorologique mondiale est formelle : le réchauffement climatique est une réalité, et il prend de plus en plus d’ampleur. La dernière décennie a d’ailleurs été la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des mesures systématiques, en 1850, fait valoir l’agence onusienne dans un rapport publié mercredi.


« Le rapport de l’Organisation météorologique mondiale révèle que le climat s’est nettement réchauffé entre 1971 et 2010 et que le rythme décennal d’augmentation des températures sur les périodes 1991-2000 et 2001-2010 est sans précédent. Les concentrations croissantes de gaz à effet de serre, dont la spécificité est de piéger la chaleur, sont en train de transformer notre climat, avec les bouleversements que cela suppose pour l’environnement et les océans, qui absorbent à la fois le dioxyde de carbone et la chaleur », a souligné par voie de communiqué le secrétaire général de l’organisation, Michel Jarraud.


L’Organisation météorologique mondiale (OMM) reconnaît que certaines années ont été moins chaudes. « Mais sur le long terme, la tendance est manifestement à la hausse, et c’est encore plus net ces derniers temps », a indiqué M. Jarraud. En fait, à l’exception de 2008, chacune des années de la décennie 2001-2010 compte parmi les dix plus chaudes jamais enregistrées, le record étant détenu par 2010.


« Cette chaleur record s’est accompagnée d’un recul rapide de la banquise de l’Arctique et d’une perte accélérée de masse nette des inlandsis du Groenland et de l’Antarctique et des glaciers de la planète », peut-on également lire dans le rapport d’une centaine de pages. En raison de cette fonte généralisée de la neige et de la glace et de l’expansion thermique de l’eau de mer, le niveau moyen de la mer a augmenté au rythme de quelque 3 millimètres (mm) par an, soit environ le double de celui qui a été constaté au XXe siècle (1,6 mm par an).


370 000 morts


Le monde a aussi connu des phénomènes climatiques extrêmes. L’agence onusienne évoque les vagues de chaleur en Europe et en Russie, les sécheresses du bassin de l’Amazone, de l’Australie et de l’Afrique orientale, ainsi que les tempêtes énormes, comme le cyclone Nargis et l’ouragan Katrina. Des catastrophes qui ont provoqué la mort de 370 000 personnes. Il s’agit d’une hausse de 20 % par rapport à la décennie 1991-2000.


Le rapport en question met en évidence la hausse des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre. C’est le cas du CO2, dont la concentration a augmenté de 39 % depuis le début de l’ère industrielle. Elle a maintenant atteint la barre des 400 particules par million (ppm) et continue d’augmenter. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat évalue pourtant que, pour parvenir à limiter le réchauffement climatique entre 2 °C et 2,4 °C par rapport à l’ère préindustrielle, il faudrait que la concentration de CO2 plafonne entre 350 et 400 ppm.


Selon l’Agence internationale de l’énergie, la Terre se dirige présentement vers une hausse des températures de pas moins de 5,3 °C par rapport à l’époque préindustrielle. Un tel bond « aurait des conséquences désastreuses en matière d’événements climatiques extrêmes, d’élévation du niveau de la mer, et entraînerait d’énormes coûts économiques et sociaux », affirmait récemment sa directrice, Maria van der Hoeven.

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