Les bouleversements climatiques, une menace pour un milliard d’humains en 2100

Les perturbations environnementales causées par le réchauffement climatique mettront en jeu la survie du dixième de l’humanité en 2100 selon une récente étude.
Photo: Agence France-Presse (photo) Hoang Dinh Nam Les perturbations environnementales causées par le réchauffement climatique mettront en jeu la survie du dixième de l’humanité en 2100 selon une récente étude.

Pas moins de 10 % de la population mondiale pourraient voir des secteurs capitaux pour sa survie être sérieusement compromis par les bouleversements climatiques d’ici la fin du siècle. C’est ce qui se dégage d’une étude internationale mettant en lumière les graves conséquences d’un phénomène que les États n’ont toujours pas commencé à contrôler, faute de volonté politique.


Les chercheurs de différents pays qui ont pris part aux travaux ont désigné des secteurs jugés essentiels pour la vie humaine, soit l’accès à l’eau, l’agriculture, la préservation des écosystèmes et la santé. Ils ont ainsi identifié des « points chauds » dans différentes régions de la planète. Ces régions sont celles où au moins deux secteurs capitaux pour le maintien de la vie seront sévèrement affectés si les bouleversements climatiques continuent sur leur lancée actuelle.


Les « points chauds » seraient particulièrement nombreux dans le sud de l’Amazonie, avec « de sérieuses modifications » des conditions d’accès à l’eau potable, des cultures et des écosystèmes, pointe l’étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, la revue de l’académie des sciences américaine.


La seconde région la plus affectée serait l’Europe méridionale, en raison d’un accès plus difficile à l’eau et de mauvaises récoltes, selon ces travaux de l’Institut de recherche sur l’impact du climat de Potsdam, en Allemagne.


Les autres « points chauds » du globe seraient alors les régions tropicales d’Amérique centrale et d’Afrique, ainsi que les hauts plateaux éthiopiens. Certaines régions d’Asie du Sud souffriraient également en raison de mauvaises récoltes combinées à un accès à l’eau difficile ou des changements d’écosystèmes. « Ce qui est aujourd’hui considéré comme une situation extrême pourrait devenir normal », met en garde Qiuhong Tang, de l’Académie chinoise des sciences.

 

1,1 milliard de personnes


En 2100, les prévisions indiquent que la population de la planète pourrait osciller entre 11 et 15 milliards de personnes. Ainsi, 10 % de la population représenterait au moins 1,1 milliard d’individus.


Selon l’étude, les secteurs capitaux pour la vie seront sévèrement affectés à partir d’une hausse de 4,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Or, selon l’Agence internationale de l’énergie, la Terre se dirige présentement vers une hausse des températures de pas moins de 5,3 °C.


En fait, la planète s’éloigne un peu plus chaque jour de l’objectif avancé le mois dernier par le président de la Banque mondiale (BM), Jim Yong Kim. Si le monde se réchauffe de 2 °C, a-t-il prévenu, « cela se traduira par de vastes pénuries alimentaires, des vagues de chaleur sans précédent et des cyclones plus violents ». Déjà, avec le scénario à + 2 °C d’ici 2040, la BM avertit que l’Afrique verrait à terme sa production agricole totale reculer de 10 % d’ici à 2050.


La responsable de l’ONU pour le climat, Christiana Figueres, a donc prévenu récemment que les États doivent « se réveiller » et prendre conscience des menaces qui découlent de l’augmentation des concentrations de CO2 dans l’atmosphère terrestre. Un accord contraignant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre est attendu pour 2015.


 

Avec l’Agence France-Presse

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