L'Union européenne salue l'engagement d'Obama contre les changements climatiques

Mardi, Barack Obama a dévoilé un plan de lutte contre les changements climatiques qui doit notamment permettre de réduire les émissions des centrales électriques au charbon, qui produisent pas moins de 37 % de l’électricité aux États-Unis.
Photo: Charles Dharapak/AP Mardi, Barack Obama a dévoilé un plan de lutte contre les changements climatiques qui doit notamment permettre de réduire les émissions des centrales électriques au charbon, qui produisent pas moins de 37 % de l’électricité aux États-Unis.

L’Union Européenne a salué mercredi la volonté affirmée de Barack Obama d’engager finalement les États-Unis dans la lutte contre les changements climatiques, après des années d’inaction critiquée sur la scène internationale. Mais les paroles devront être suivies de gestes concrets par Washington, notamment sur l’accord global en cours de négociation.

« Le plan d’action dévoilé par la Maison-Blanche annonce un certain nombre de bonnes intentions qui doivent maintenant être traduites en actions concrètes », a ainsi déclaré dans un communiqué la commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard.
 
Mardi, le président américain a effet dévoilé un plan de lutte contre les changements climatiques qui doit notamment permettre de réduire les émissions des centrales électriques au charbon, qui produisent pas moins de 37 % de l’électricité aux États-Unis. Barack Obama s’est aussi engagé à promouvoir davantage les sources d’énergie propre. Il demande par exemple que suffisamment de permis soient accordés pour des projets d’énergie renouvelable, solaire et éolienne, sur des terres fédérales pour produire assez d’électricité pour plus de six millions d’habitations d’ici 2020.
 
Le test de 2015

Mais Washington devra désormais démontrer qu’il peut être un joueur actif dans les négociations qui doivent déboucher, d’ici 2015, sur un accord contraignant mondial de lutte aux changements climatiques. « Nous sentons une volonté politique de bouger, de faire des concessions. Les Américains se montrent plus constructifs et les Chinois aussi bougent. Cela bouge petit à petit et il faut que les Européens soutiennent ce mouvement », soutient-on à Bruxelles.
 
« Nous attendons pour 2015 un engagement ferme des États-Unis pour s’engager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre nationales », a insisté Connie Hedegaard. Elle a aussi demandé à Washington de contribuer à un accord au sein de l’Organisation de l’aviation civile internationale pour réduire les émissions des avions, sujet chaud en Europe.
 
Il faut dire que pour le moment, les positions américaines n’ont « pas varié ». Ils ont renouvelé leur engagement de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 17 % par rapport à leur niveau de 2005, ce qui est « insuffisant » par rapport aux efforts que se sont imposés les Européens, et « loin » de l’effort réclamé par les scientifiques pour limiter la hausse du réchauffement du climat à 2 °C, selon la Commission européenne.
 
Pour leur part, les Européens se sont imposés pour 2020 de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport à leurs niveaux de 1990. À titre de comparaison, la proposition américaine correspond
à une réduction de 4 % par rapport aux niveaux d’émissions en 1990. Mais pour le moment, les émissions ont plutôt augmenté de 8,4 % par rapport aux niveaux de 1990.
 
Ainsi, les États-Unis contribuaient pour 16 % des émissions mondiales en 2012, et l’Union européenne pour 11 %, selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
 
Le gouvernement de Stephen Harper, qui a rejeté le Protocole de Kyoto en 2011, s’est fixé des cibles de réduction similaires aux États-Unis. Plusieurs doutent cependant de la possibilité pour Ottawa de respecter son objectif, d’autant plus que la production pétrolière canadienne est en pleine croissance. La majorité de cette croissance dans l’extraction d’énergie fossile est due aux sables bitumineux. La production albertaine doit doubler d’ici quelques années.
 
Trajectoire dangereuse

En raison du manque de volonté politique à l’échelle internationale, la planète se dirige actuellement vers une hausse des températures de pas moins de 5,3 °C par rapport à l’époque préindustrielle, selon les plus récentes données de l’AIE. Un tel bond « aurait des conséquences désastreuses en termes d’événements climatiques extrêmes, d’élévation du niveau de la mer et entraînerait d’énormes coûts économiques et sociaux », expliquait récemment la directrice générale de l’organisation, Maria van der Hoeven.
 
Dans un rapport publié la semaine dernière, la Banque mondiale (BM) a prévenu que la trajectoire du thermomètre mondial risque de provoquer de graves pénuries alimentaires qui frapperont de plein fouet les plus démunis d’ici à peine deux à trois décennies. « Si le monde se réchauffe de 2 °C, ce qui pourrait arriver dans les vingt à trente prochaines années, cela se traduira par de vastes pénuries alimentaires, des vagues de chaleur sans précédent et des cyclones plus violents », a insisté le président de l’organisation, Jim Yong Kim.
 
Avec le scénario à + 2 °C d’ici 2040, la BM avertit que l’Afrique verrait à terme sa production agricole totale reculer de 10 % d’ici à 2050, et environ 40 % de ses terres dédiées au maïs devenir « inutilisables » dans la décennie 2030. « Des températures extrêmes pourraient affecter les récoltes de riz, de blé, de maïs et d’autres cultures importantes et menacer la sécurité alimentaire » des pays pauvres, estime l’institution.

Avec l’Agence France-Presse

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